Cool Boarders, 1080°
Snowboard, Alpine Racer... Allergiques à ces fleurons des jeux de sports d'hiver
passez votre chemin. Car nous abordons
aujourd'hui la relève avec Vancouver 2010. Année olympique oblige, déboule dans
les bacs le jeu officiel des XXIes Olympiades hivernales qui se déroulent à
partir de vendredi à Vancouver. Entre deux manches de slalom à encourager notre
Julien Lizeroux national, Sega et Eurocom, responsable de l'excellent Beijing
2008, vous proposent d'écrire votre propre histoire olympique. Du ski alpin à la
luge en passant par le saut à ski et le snowboard, vous tenterez de décrocher
l'or des 14 épreuves au programme. Un nombre limité qui pourrait laisser sur
leur faim les plus acharnés. Car Sega a fait le choix de ne proposer que les
épreuves de vitesse. Si on ne demandait pas de jouer au hockey sur glace
(NHL2K10 ou NHL10 font bien le job), on aurait aimé alterner ski de fond et tir
à la carabine en biathlon (présent dans le jeu Torino 2006 sur PS2) ou tâter de
la pierre et du balai en curling. Dommage.
Seul, à quatre en écran partagé ou online, la chasse aux médailles et aux records a son
charme même si l'on peut regretter la présence de quatre athlètes
uniquement par discipline. Vous aurez beau accuser deux minutes de retard en slalom,
vous finirez systématiquement au pied du podium. Regrettable quand on sait que
plus de 80 pays seront en lice à Vancouver...
Au final, malgré une durée de vie assez réduite, les amateurs de glisse
y trouveront leur compte. Le temps des JO.
Vancouver 2010 le jeu vidéo officiel des JO d'hiver
Oui, je sais, le titre est facile, mais je n'ai pas résisté. Désolé.
L'inconvénient d'un Superbowl pour nous, Européens, c'est que lorsque le match est incertain, nous sommes obligés de veiller plus tard dans la nuit. Ne boudons cependant pas notre plaisir, ce 44ème Superbowl fut plus disputé que ne l'indique le score final (31-17) et s'est joué finalement sur une dernière interception de Travis Porter à cinq minutes de la faim.
L'intérêt de ce match réside dans la gestion à haut risques que le coach des Saints, Sean Payton, avait choisi d'adopter. Face à une attaque mitraillette comme celle des Colts de Manning, les Saints n'avaient pas d'autre choix que de marquer sur 90% de leurs possessions offensives et surtout de ne jamais concéder plus de dix points d'avance au tableau d'affichage. Preuve de cette stratégie à hauts risques, cet "onside kick" effectué dès le début de la seconde période, au retour des vestiaires, afin de tenter de récupérer le ballon sans le laisser aux Colts, qui menant 10-6 à ce moment clé de la rencontre aurait pu s'envoler vers un 17-6 qui aurait obligé les Saints à courir derrière une sorte de tie-break de retard façon tennis. Ce choix tactique autant que stratégique a sans nul doute été le tournant du match. C'est un truc à la fois lucide et complètement dingue à ce niveau là de la NFL, car en cas d'échec, les Colts auraient récupéré le ballon à 30 yards de la ligne de but des Saints et les carottes auraient été cuites définitivement.
C'est bien cela qui fait le charme du football américain. Ces actions qui changent du tout au tout le scénario apparemment écrit d'un match et qui vont devenir des moments de légende. Cet onside kick réussi et l'interception de Porter sont désormais pour l'éternité les symboles de ce 44e Superbowl joué dans la douceur de la nuit floridienne. Avec le titre de MVP de Brees, le quaterback des Saints, future figure du Hall of Fame, le triomphe des Saints est total. Et mérité. Et juste aussi, car ceux qui ont suivi la saison NFL n'avaient pas digéré le comportement des Colts, en route pour une "perfect season" avec 14 victoires en saison régulière et qui avaient aligné les remplaçants des remplaçants pour les deux dernières rencontres de la saison régulière, au risque de falsifier les qualifications pour les plays off.
Les Saints n'avaient jamais remporté le Superbowl. Quant au quaterback vedette des Colts, Manning, il rejoint la légion des quaterbacks maudits qui, ayant gagné un premier Superbowl, ont perdu les suivants qu'ils ont disputés, comme Warner ou Favre. Se remettra-t-il de cette déconvenue? Voilà la question qui va occuper la presse sportive américaine jusqu'aux prochains plays off de 2011.
A ce point critique de l'histoire du football français, il ne peut plus être question de Raymond Domenech. Je ne fait pas partie des détracteurs du patron des Bleus, ni même de ses contempteurs. Seul Dieu justifie que l'on se positionne pour, ou contre, son existence. Et encore. Domenech est juste un homme, et l'époque doit être bien folle pour lui accorder tant d'importance.
L'idée que Blanc puisse succéder à Domenech déplait à Nicolas de Tavernost. Le président de M6, propriétaire des Girondins de Bordeaux et à ce titre employeur de Laurent Blanc, s'en est irrité, hier. Il s'est élevé contre « ces dîners où des présidents de club parlent à tort et à travers de l'équipe de France et de son organisation, et citent des noms pour l'organiser ».
La perspective de perdre l'un de ses meilleurs hommes est toujours porteuse d'angoisse. A fortiori quand vous avez le sentiment que vos rivaux, dont Jean-Michel Aulas (Lyon) se liguent pour vous plumer. Déjà qu'M6 n'a pas les droits de retransmission du Mondial... « Nous commençons à en avoir assez, à Bordeaux. Je me demande à qui cela profite. Que la fédération française fasse son travail d'aller gagner en Afrique du Sud. Nous, cela fait dix ans qu'on essaie en temps qu'actionnaires, et avec un club, de progresser. Nous avons un bon entraîneur qui nous aide à passer un cap formidable, maintenant ça suffit... » Tout cela n'est pas blanc-bleu, en effet.
Commençons par le volet Blanc. Lorsqu'on a son pedigree, son potentiel, son image, le but est de se bâtir un palmarès. Passer de « bon entraîneur » à « grand entraineur ». Avec Bordeaux d'abord, ailleurs ensuite. Un grand entraineur n'est pas un simple successeur. Plutôt quelqu'un à qui il est impossible de succéder. Un grand entraîneur fait ce que personne n'a fait avant lui, là où personne ne l'a fait. J'ignore si telle est l'ambition de Laurent Blanc. Mais il en a déjà la façon d'être. Et jusqu'à preuve du contraire, partons de ce postulat.
Lorsqu'on a joué au FC Barcelone, à l'OM, à l'Inter ou Manchester United, on est appelé à une autre destinée que prendre place dans la bureaucratie fédérale. Marcher dans les traces des grands hommes, s'inscrire dans une lignée semble tellement plus logique.
Un grand entraîneur, c'est Ernst Happel, par exemple : premier homme à avoir gagné la Coupe des Champions avec un club néerlandais (Feyenoord Rotterdam, 1970), premier à l'avoir gagné avec deux clubs différents (le deuxième : Hambourg SV, 1983) ; seul homme à avoir hissé un club belge en finale (FC Bruges, 1977) et bien sûr, joué la finale avec trois clubs différents, déjà nommés. L'Autrichien est l'un des plus grands entraîneurs de l'histoire du football.
Un grand entraîneur, c'est Alex Ferguson. L'on fait parfois de Laurent Blanc le successeur possible de Sir Alex à la tête de Manchester United. La comparaison entre les deux hommes pourrait s'avérer pertinente... dans une vingtaine d'années. Pour schématiser, Blanc, avec Bordeaux, en est au stade où Ferguson était avec l'Aberdeen FC, au début des années quatre-vingts. En huit ans passés dans le nord-est de l'Ecosse (1978-1986), Ferguson a récolté trois titres de champions quand il n'y en avait eu qu'un en trois-quarts de siècle, quatre Coupes quand il n'y en avait eu que deux, une Coupe des Coupes et une Super Coupe d'Europe là où le terrain était vierge.
A l'été 1986, Ferguson est parti pour Manchester United, ce géant poussiéreux. Avec Man U, Ferguson s'est installé dans la durée. Il lui fallut quatre ans pour gagner la Cup, cinq pour la Coupe des Coupes, six pour la Coupe de la Ligue, sept pour le championnat, treize pour la ligue des Champions. Il a fait Rois Cantona, Beckham, Ronaldo, puis survécu à leurs départs. Et bâti plus qu'un palmarès : une œuvre. Deux ligues des Champions, une coupe intercontinentale, onze titres de champion d'Angleterre, cinq Cups, trois Coupes de la ligue, liste non exhaustive.
Si Laurent Blanc reste à Bordeaux, c'est pour être champion trois années d'affilée et gagner la Ligue des Champions, ce que le club n'a jamais fait. Puis la remporter un jour avec l'Inter, Chelsea ou Arsenal, là où le vent le portera. C'est là qu'il accomplira son destin. Pas dans un job de pure forme, de pure com', sans prise réelle sur les événements, ce qui l'attend à la tête d'une sélection nationale majeure. Alex Ferguson s'est bien gardé d'une telle expérience, car il le sait. Le 14 novembre 2009, à propos - déjà - de la succession Domenech, Michel Platini confiait à L'Equipe : « Je n'ai jamais vu un entraineur faire gagner un match. » Comprendre : un sélectionneur.
Laurent Blanc n'est ni Raymond Domenech, ni Fabio Capello. Au moment de sa nomination à la tête des Bleus, en 2004, le premier n'avait rien gagné et aurait pu continuer ainsi jusqu'à l'âge de la retraite. Le second, à l'inverse, n'avait plus rien à prouver ni obtenir, si ce n'est un salaire royal que la Fédération Française, au contraire de son homologue anglaise, n'est pas en mesure de proposer.
C'est parce qu'il n'a rien gagné que Raymond Domenech est devenu un professionnel de la communication, voire de la comédie. Un people, un polémiste qui esbaudit, divertit, irrite, détourne. Il a le sens du clivage inutile qui sied à notre époque, alimente ce buzz contemporain qui s'apparente au néant. Il est the right man at the right place. Si ça ne tenait qu'à nous, il serait sélectionneur à vie. Vu ainsi, la position de Nicolas de Tavernost, les gesticulations de Jean-Pierre Escalettes, les manigances de Jean-Michel Aulas ou Gervais Martel importent peu, finalement.
Concluons par le volet Bleu. Si Blanc venait à prendre la tête de l'équipe de France, ce serait pour être champion d'Europe en 2012, puis champion du monde en 2014. Etre Aimé Jacquet et Roger Lemerre à lui seul, marcher dans les traces d'Helmut Schoen, auteur de pareil doublé avec la RFA en 1972 et 1974. Etre le premier sélectionneur d'une équipe européenne sacrée sur le territoire américain, au Brésil dans quatre ans.
Il faudrait alors le débaptiser. Fini « le Président ». Juste... Dieu.
Retrouvez tous les posts de Geoffroy Garétier dans notre blog Footballogie.
Alors comme ça, il y en a qui "tirent au flanc" au PSG. C'est l'entraîneur lui-même qui le dit, Antoine Kombouaré. C'était sur RTL cette semaine, et preuve qu'effectivement le PSG n'intéresse plus grand monde, cette terrible petite phrase n'a pas fait la une des journaux spécialisés. Cela devait arriver, à force de fréquenter avec assiduité la seconde partie du classement de Ligue 1 depuis quatre ans, on a fini par considérer le club parisien pour ce qu'l est devenu: une équipe ordinaire qui se bat chaque année pour le maintien en dépit de moyens apparemment considérables.
D'ailleurs, Kombouaré a bien du mérite. Cet homme peut être parfois maladroit, mais il convient de reconnaître que c'est un vrai professionnel. A le voir si tourmenté parfois sur son banc lors des prestations calamiteuses de son équipe, on souffre souvent avec lui. Et puis, on a beau dire et faire, la défaite à Lyon relève de la faute professionnelle collective. Encore un match perdu qui ne devait pas l'être, comme tant d'autres avant. Et dans ce cas là comme avant, les envolées sur le thème du "On a perdu, mais qu'est-ce qu'on a bien joué!' ne tiennent plus la route médiatique.
Donc, ces résultats s'expliquent parce que le mieux placé pour en juger, l'entraîneur lui-même, considère que des joueurs "tirent au flanc". En proférant ce jugement, Kombouaré prend un risque. Tel Robespierre à la Convention le 8 Thermidor, il a menacé sans livrer de noms. Car il ne s'est pas contenté de dénoncer la présence de joueurs qui tirent au flanc. Il a aussi annoncé qu'il voulait de grands changements, ajoutant que "la saison prochaine, il faudra frapper un grand coup et apporter des joueurs bien meilleurs". Violent.
Kombouaré fera bien de se méfier dans les semaines qui viennent. On a vu bien souvent des joueurs en délicatesse avec leur coach "organiser" des mauvais résultats afin de précipiter sa chute plutôt que la leur. Voilà ce qui peut arriver lorsque l'on étale le linge sale en public sans préciser qui l'a sali.
J'ai repris la compétition proprement dite début janvier. Au niveau du genou, cela se passe bien, je n'ai quasiment plus aucune douleur et cela va de mieux en mieux au fur et à mesure des matches. Du coup, le moral est bon et je n'ai plus d'appréhension à solliciter mon genou. Après, au niveau du tir, j'ai toujours du déchet mais c'était déjà le cas avant ma blessure. Il faut que j'apprenne à prendre le temps de fixer la gardienne, ne pas me précipiter, mais cela ne vient pas de mon genou. C'est le point principal qu'il me faut travailler. Au niveau des résultats, on est toujours 3e même si on a pris une raclée contre Metz. Mais on a réussi un bon match nul contre Le Havre. Cela reste des résultats corrects, surtout que cela n'a pas été évident sur le plan collectif de voir revenir plusieurs joueuses blessées auparavant. Il a fallu que l'on retrouve nos repères et forcément, début janvier, nos débuts de match n'étaient pas top au niveau handballistique. Là, on commence à retrouver des repères et c'est mieux.
Je ne m'attendais pas cependant à réintégrer si vite l'équipe de France. J'ai été un peu surprise car je ne pensais pas que l'on me demanderait aussi tôt de revenir faire un essai. Mais c'est évidemment une super bonne surprise. Maintenant, je ne vais pas m'enflammer non plus et me dire que ça y est, je suis arrivée. Il y a encore beaucoup de chemin à faire mais je suis contente car je vais pouvoir voir où est-ce que j'en suis. C'était un des objectifs que je m'étais fixé et je suis satisfaite de l'avoir déjà rempli. Et j'ai envie de saisir ma chance car c'est un poste assez ouvert en équipe de France, où il y a une place à prendre. J'espère aussi que nous aurons l'occasion de reparler entre filles de leur aventure en Chine, que nous pourrons la partager même si j'ai déjà eu quelques échos des internationales qui jouent avec moi à Nîmes. Pour le reste, j'ai vu que Sophie Herbrecht revenait. Je ne la connais pas personnellement, mais je pense que son retour ne peut être que positif pour nous car c'est une grande joueuse, qui a de l'expérience. Elle ne peut apporter que du plus.
Enfin, je voulais finir en félicitant les garçons champions d'Europe. J'ai vu quelques matches et ils m'ont encore impressionné. Ils méritent vraiment bien leur surnom car c'est vraiment un régal de les voir jouer. C'est une équipe très forte dans tous les secteurs, que ce soit au niveau du mental, du handball, du physique... Ils ont tout quoi. C'est superbe de voir des matches comme cela, surtout qu'ils savent mettre une dose de spectaculaire dans leur jeu. Cela fait plaisir et c'est bien pour le handball. Après, il n'y en a pas un en particulier qui m'impressionne plus que les autres... Ils sont tous impressionnants (rires). Si on me proposait une petite série de tirs face à Thierry Omeyer ? Je pense que cela me ferait un petit peu peur, mais ce serait marrant. En tout cas pourquoi pas...
Pour qui doutait encore des ambitions réelles de l'OM dans cette seconde partie de la saison 2009/10, la fin de la rencontre d'hier soir, contre Toulouse, en demi-finale de la Coupe de la Ligue, est venue apporter une réponse définitive. L'OM n'a plus d'autre ambition aujourd'hui que de gagner la Coupe de la Ligue.
A voir le soulagement de Deschamps, à voir les manifestations de joie de Diawara et de ses coéquipiers, le tout à l'issue d'une rencontre gagnée avec les dents et les prolongations 2-1, le doute n'est plus permis. Ce match de Coupe de la Ligue représentait un enjeu crucial. Gagner cette coupette maintenue en état de survie artificielle par la Ligue est l'objectif numéro 1 du club phocéen. Merci Brandao..
On peut le comprendre. Le titre de Champion semble promis à Bordeaux et la qualification pour la Ligue des Champions est loin d'être assurée. Restent les deux coupes nationales pour tenter de sauver une saison que l'OM abordait en favori suprême pour ce qui est de l'attribution du titre de Champion de France. Et comme le club n'a plus rien gagné depuis 1993, la perspective de remporter la Coupe de la Ligue offre l'espoir de remplir (enfin) la vitrine à trophées de l'OM avec la très moche Coupe de la Ligue. Mine de rien, Deschamps pourrait toujours dire qu'avec lui, l'OM a (enfin) remporté un petit quelque chose.
On pourra toujours moquer ces ambitions revues à la baisse. Mais le match d'hier a aussi mis en évidence toutes les faiblesses et forces de cet OM version Deschamps. Tantôt sûr de lui et dominateur, tantôt petite chose fragile au bord de l'apoplexie; tantôt génial et emballant, tantôt maladroit et affligeant. De ce point de vue, comme d'habitude, Ben Arfa fut emblématique de la situation. Avant d'offrir à Brandao le ballon du premier but après une action de classe sublime, il avait multiplié les mauvais choix, les dribbles "persos" de cour de récré et abandonné les tâches défensives aux tâcherons du milieu et de l'arrière avec une nonchalance coupable. Ben Arfa incarne cet OM là. Génial par brèves fulgurances, maladroit et neuneu la plupart du temps.
Les fulgurances, ça peut permettre de remporter une Coupe, mais ça ne suffit pas pour être champion. La conclusion s'impose alors d'elle même: oui, l'OM a raison de faire de la Coupe de la Ligue l'objectif numéro 1 de sa saison.
De fait, je n'ai retenu de la 27e édition de l'épreuve qu'une image : le trophée soulevé par Ahmed Hassan. Avec ses 172 sélections internationales, le capitaine égyptien est le troisième joueur le plus capé de l'histoire du football ; il sera peut-être un jour le premier à porter deux cents fois le maillot de son pays. Hassan a remporté quatre Coupes d'Afrique des nations, soit plus à lui seul que l'Algérie, le Maroc et la Tunisie réunis.
A trente-cinq ans, le capitaine de l'Egypte, international depuis 1995, n'a pourtant jamais disputé, ne disputera peut-être jamais la Coupe du monde de football. Le cas Hassan est la parfaite illustration de ce que nous appelons le « paradoxe africain » : l'Egypte, la plus grande nation du continent, ne parvient pas à exister dès qu'il s'agit de Coupe du monde de football. C'est ce mystère que nous allons tenter de percer.
L'Egypte en Afrique : les clés d'une domination
Voyons plutôt. Dimanche à Luanda, les Pharaons ont remporté leur septième titre continental après ceux de 1957, 1959, 1986, 1998, 2006 et 2008. En poule, les Egyptiens ont battu le Nigéria, puis éliminé tour à tour le Cameroun, l'Algérie et enfin le Ghana. Soit quatre des cinq qualifiés africains pour le prochain Mondial, scellant l'excellence de leur parcours.
Au palmarès de l'épreuve, le Cameroun et le Ghana plafonnent à quatre titres, la RDC Congo et le Nigéria, à deux. L'Egypte a atteint quatorze fois les demi-finales, soit plus d'une fois sur deux ! Une domination encore supérieure à celle de l'Allemagne dans le championnat d'Europe des Nations.
1/Une longue histoire
Cette domination puise ses racines très profondément : l'Egypte, troisième pays le plus peuplé et le plus riche du continent africain, en est surtout l'un des plus anciens. L'on ne parlera même pas de l'ampleur et du rayonnement de sa civilisation antique. La république arabe d'Egypte bénéficie sur l'immense majorité des autres pays du continent d'un avantage décisif : avoir constitué une entité géographique et politique stable dès le début du XIXe siècle, une fois son indépendance de l'empire ottoman acquise et les troupes de Bonaparte chassées du pays.
Dans ce blog, je reviendrai souvent sur la notion d'incorporation. A quel moment d'une histoire un joueur, un club, un pays s'y est glissé, et le rapport entre ce moment et le rôle que l'histoire lui accorde. Qu'il soit social ou sportif, l'ascenseur est souvent plus performant lorsqu'on y est monté le premier. Egypte et Ghana disputaient en Angola leur huitième finale respective de Coupe d'Afrique, un record. L'Egypte a remporté la première et la deuxième édition de l'épreuve ; le Ghana, la quatrième et la cinquième...
Ajoutons que les Pharaons furent l'un des trois pionniers de la Coupe d'Afrique avec l'Ethiopie et le Soudan. Et si ces derniers ont été touchés par des plaies en cascade (famines, tyrannies, guerres civiles), l'Egypte moderne en a été préservée.
2/Un calendrier favorable
La Coupe d'Afrique se déroule au début de chaque année paire. Une sur deux a donc lieu l'année de la Coupe du monde. Il faut mettre en relation deux faits. Le premier ? Sur onze précédents depuis 1970, seuls trois pays ont été sacrés champion d'Afrique tout en étant qualifiés pour la Coupe du monde à venir. La RDC/Zaïre en 1974, le Nigéria en 1994 et le Cameroun en 2002. Le second ? Quatre des cinq derniers titres de l'Egypte ont été remportés l'année d'une coupe du monde pour laquelle ils n'étaient pas qualifiés.
Le Mondial se déroule en juin. La Coupe d'Afrique, en janvier. Il est logique de penser que l'ambition première des pays qualifiés pour le Mondial est d'abord de réussir celui-ci. Et que dans le même temps, le pays dont la CAN est le seul rendez-vous de l'année en fera son objectif prioritaire. A l'appui de cette hypothèse, le destin croisé de l'Egypte et de l'Algérie lors des Coupes du monde 1990 et 2010.
17 novembre 1989 : au Caire, l'Egypte bat l'Algérie (1-0). Les Pharaons se qualifient pour leur deuxième Coupe du monde, les Fennecs en sont privés après deux participations d'affilée. En mars 1990, l'Algérie remporte à domicile son unique titre continental ; l'Egypte, elle, a quitté le tournoi après trois défaites en phase de poule, dont la dernière contre... l'Algérie (0-2).
18 novembre 2009 : à Oumdourman, Soudan, l'Algérie bat l'Egypte (1-0) dans un play-off mémorable et se qualifie pour le Mondial 2010. Deux mois plus tard, l'Egypte remporte la Coupe d'Afrique en ayant au passage corrigé l'Algérie en demi-finale (4-0)...
Constat troublant, en effet.
3/Le contexte politique
Après avoir atteint la finale des trois premières éditions, l'Egypte a disparu du palmarès jusqu'en 1986. Elle a pourtant organisé le tournoi en 1974, mais fut battue en demi-finale par le Zaïre. Durant l'essentiel de cette période, au moins deux facteurs géopolitiques ont orienté le pays vers la sphère moyen-orientale : le panarabisme, via la brève union politique avec la Syrie, et son corrolaire, l'anti-sionisme, porteur d'un conflit récurrent avec Israël. N'oublions pas la géographie : l'Egypte, bien que majoritairement africaine, est accrochée à l'Asie via la péninsule du Sinaï.
La pacification des rapports entre l'Egypte et l'Etat hébreu, amorcée en 1977 suite aux accords de Camp David signés sous la houlette du président américain Jimmy Carter, a-t-elle permis à l'Egypte de se tourner à nouveau vers l'Afrique ? Le président Hosni Moubarak, au pouvoir après l'assassinat de Sadate le 6 octobre 1981, a-t-il misé sur le football pour consolider son règne ? En 1986, l'Egypte organise à nouveau la Coupe d'Afrique. En finale, elle l'emporte aux tirs-aux-buts sur le Cameroun, alors puissance dominante du continent.
4/La puissance des clubs
L'emprise de l'Egypte sur le football africain s'applique de manière symétrique au niveau des clubs. A cette différence près, qui tend à corroborer le facteur précédent : les géants égyptiens ont pris le train de l'histoire en marche. La Coupe d'Afrique des Clubs champions a été créée en 1965. Jusqu'en 1982, les clubs égyptiens n'en gagnèrent qu'une seule (Ismaily Ismaïlia, 1969) dans un paysage exclusivement dominé par les clubs d'Afrique subsaharienne.
A partir de 1982, Al Ahly et le Zamalek du Caire entament une incroyable période de domination ponctuée par onze Coupe ou Ligue des Champions, cinq coupes des coupes et sept supercoupes. Avec un total de douze victoires dans l'épreuve, l'Egypte trône loin devant le Cameroun et le Maroc (cinq).
Logique : le Caire est à la fois la ville la plus dense (38000 h/km2) et la plus peuplée (18 millions d'habitants) d'Afrique. Les clubs égyptiens sont bien organisés, bénéficient d'une assise populaire considérable et de techniciens compétents. Comme cet Hassan Shehata, formé au Zamalek et sur le banc des Pharaons depuis 2006.
Et, chose rare en Afrique (Afrique du Sud ou Angola exceptées) leur modèle économique leur permet de garder ou de faire revenir leurs meilleurs joueurs. Lors de la victoire d'Al Ahly en Ligue des Champions 2008, le but vainqueur fut marqué par un certain... Ahmed Hassan.
L'examen des compositions d'équipe de la finale Egypte - Ghana est révélateur. Sept des onze titulaires égyptiens évoluaient dans leur pays, trois dans la péninsule arabique et un seul en Europe, l'attaquant Mohammed Zidan (Borussia Dortmund). En face, un seul Ghanéen évoluait en Egypte, un dans la péninsule arabique et les neuf autres... en Europe.
La où les stars africaines, telles l'Ivoirien Drogba (Chelsea) ou le Camerounais Eto'o (Inter Milan), lâchés à regrets par leurs puissants employeurs européens, participent à la CAN sans préparation spécifique et hantés par la peur de se blesser, les Egyptiens, eux, jouent le coup à fond. Comment s'étonner, dès lors, qu'Ahmed Hassan, comme en 2006, ait été élu meilleur joueur de la CAN 2010 ? Mais tout cela ne dit pas pourquoi le milieu offensif des Pharaons n'a jamais joué, ne jouera peut-être jamais la Coupe du monde de football.
Discussion hier avec un confrère grand spécialiste du Conseil fédéral de la FFF. Il me confesse partager le doute qui m'étreint (sans causer trop de mal, je vous rassure) à lire partout que Laurent Blanc va succéder comme par enchantement à Raymond Domenech aux commandes de l'équipe de France de football. Comme moi, il estime que pour des raisons de carrière et d'argent (les deux étant liées) Blanc va avoir autre chose à faire à la sortie de son aventure bordelaise que de venir entraîner une sélection "à problèmes".
Alors, comme le disent nos amis Anglais, "So what"?
Première hypothèse: si Blanc ne vient pas, ce sera Deschamps. Hypothèse qui prend du corps au vu de la laborieuse saison de l'OM et de la gestion "problématique" de la psychologie du groupe par Deschamps. Les plus fins observateurs de la vie politique du club de la Canebière ne sont d'ailleurs plus très nombreux à croire que le camarade Deschamps sera encore présent sur le banc de l'OM la saison prochaine.
Seconde hypothèse: si Blanc et Deschamps ne sont pas les heureux élus, il semblerait que trotte dans la tête de certains membres du Conseil fédéral l'idée d'instituer une sorte de comité de sélection. Il y aurait un sélectionneur, encadré par des gourous. Et comme il semble difficile d'écarter une fois de plus les glorieux anciens de France 98, des personnalités, telles que Thuram ou Zidane, pourraient faire partie de ce comité destiné (pourquoi pas?) à aider un entraîneur nommé... Boghossian...
Troisième hypothèse: un mix des deux premières. Deschamps et le comité des sages France 98. Je ne sais pas pourquoi, c'est juste une question d'intuition, je peux me tromper, et un blog, c'est fait pour ça, partager des humeurs et des intuitions; mais entre ce que l'on sait, ce que l'on pressent et ce que l'on peut en déduire, j'éprouve aujourd'hui le sentiment que l'on se dirige vers cette solution là.
Quant à l'idée d'Escalettes d'annoncer tout cela avant la Coupe du monde, je persiste et je signe: c'est saugrenu.
Avant de dresser mon petit bilan personnel post-CAN, je voudrais revenir sur la finale de dimanche. J'ai particulièrement été surpris par le retour en puissance du Ghana sur l'échiquier africain. Cette équipe possède un devenir énorme. Incorporer 9 joueurs de la sélection championne du monde des moins de 20 ans, jouer sans plusieurs cadres (Muntari, Essien, Mensah et j'en passe) et enfin arriver en finale, c'est tout bonnement énorme. Manque de «pot» pour cette génération dorée, c'était l'Egypte en face. L'Egypte avec son rythme saccadé, sa solide expérience et son capital confiance gonflé bloc. Parce que dans le jeu, c'était pour le moins très tristounet. Les Pharaons ont commencé la rencontre à 20 km/h et l'ont finie sur le même rythme. Une formation sans soubresaut mais ô combien réaliste et confiante dans son jeu. Cette équipe possède une telle maîtrise collective qu'elle est capable de t'user sur la durée avant de t'achever en fin de match. Et face à des formations africaines aux errements défensifs intempestifs, cela a fait mouche. Clairement, aucune formation n'a su mettre de la vitesse face à l'Egypte. Conséquence, on a joué cette CAN au rythme terne et ennuyeux des Pharaons.
D'un point de vue général maintenant. Je vous annonce d'entrée, il y aura beaucoup de flops pour peu de tops. Non pas parce que la défaite de l'Algérie m'est restée au travers de la gorge, mais force est de constater que cette 27e CAN ne fera pas office de référence en tout point. Organisation, sécurité, coût de la vie, ambiance, pelouses, couverture médiatique. Je suis très déçu et quelque peu frustré. Les véritables médias populaires ne se sont pas intéressés à l'Afrique. Qui, avant le début de la CAN connaissait Orange sport (hormis les acharnés de la L1 bien sûr) ? Je ne savais même pas que cet opérateur téléphonique avait une chaîne TV, excusez mon ignorance. Voilà tout le problème de la Confédération Africaine de Football (CAF) qui serait prête à vendre mon continent pour une bouchée de pain. Cette dernière n'a pas cherché à revendiquer l'esprit «Afrique» mais en a fait une affaire purement financière. L'ambiance aussi. Sincèrement, l'édition ghanéenne me manque en voyant le pauvre spectacle angolais. Les stades étaient vides, ça fait tache pour une compétition internationale qui plus est en Afrique, réputée pour son folklore. Les pelouses, ah les pelouses ! J'enrage juste à l'idée d'en parler. Comment en 2010 lors d'un évènement majeur on peut encore jouer sur des terrains lamentables ? Etait-ce un coup du pays-hôte ? C'est en tout cas raté. Le drame togolais m'a profondément touché et les sanctions prises par la suite sont révoltantes. On disqualifie le Togo pour les deux prochaines éditions histoire de prouver que la CAF est intransigeante et qu'on ne badine pas avec. Alors qu'en vérité, c'est une association où la corruption règne en maîtresse. Les hommes en noir maintenant. L'arbitrage a une nouvelle fois été désastreux lors des rencontres couperets. Comme si nos arbitres étaient friables mentalement. Quand on a une demi-finale Egypte-Algérie, et peu m'importe le vainqueur, l'important est que l'Afrique s'en sorte avec une belle image du football africain. Au lieu de cela, le monde a vu les mauvais côtés de ce continent, la violence, de la corruption peut-être. A titre comparatif, on n'accepterait pas ce genre de comportement de la part des joueurs en Europe. J'ai assisté à des gestes dignes de joueurs de quartier. Enfin, je n'ai pas digéré l'hypocrisie de nos dirigeants. Mensonges perpétuels, désir constant de cacher les problématiques par des poncifs standards. C'est l'Afrique. On n'accepte pas la critique et Dieu seul sait ô combien cette dernière est importante, pour le moins qu'elle soit fondée et argumentée.
Après avoir énuméré les mauvais côtés de cette CAN, place aux points positifs. Car oui, il y en a eu. Le sportif tout d'abord. Le niveau africain a généralement progressé même si ce n'est pas toujours la grande rigueur, ni les grands enchaînements. J'ai senti les équipes un peu plus disciplinées, malgré quelques mauvais gestes. J'ai aussi apprécié ce petit vent de fraîcheur lors de la première journée où les gros ont eu peur. Il faudra compter à l'avenir sur la Zambie, le Gabon voire même le Malawi. En général, cette CAN a été celle du renouvellement. Un bon nombre d'équipes ont connu quelques changements dans leur effectif, cela peut être pas mal pour la suite.
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