Archives juin 2008

Tout juste rentré de la finale de l'Euro, notre consultant de la Blog Team, Bernard Lama a tiré un bilan positif de cette compétition malgré la déception du parcours de l'équipe de France. Euro : Bernard Lama fait le bilan - Sport24
Euro : Bernard Lama fait le bilan - Sport24

2008-06-29T215001Z_01_NOOTR_RTRIDSP_2_OFRSP-FOOTBALL-EURO-ESPAGNE-TORRES-20080629.jpg  Que me restera-t-il en mémoire de cet Euro? Voilà la question la plus difficile qui soit. Déjà pas de match de légende à priori... Pas de choc style France-Portugal 84 ou France-Italie 2000... Quelques belles rencontres certes, plus qu'à l'accoutumée dans ce genre de compétitions, mais pas de ces batailles qui marquent l'inconscient collectif mondial ou européen pour les siècles à venir. Il y a bien eu les Exploits turcs, mais pour être honnête, ça ne vaut pas un ticket d'entrée dans la légende du foot. A croire que plus jamais on ne reverra un tournoi aussi incroyable que la Coupe du monde 70 en son temps, forte à elle seule de quatre matchs éternels (pour les plus jeunes:Angleterre-Brésil, Allemagne-Angleterre, Italie-Allemagne, Italie-Brésil, rien que ça...).

 Donc, la question initiale est: que restera-t-il de cet Euro dans ma mémoire? Que j'ai, dès vendredi, prévu sur ce blog que Torres serait l'homme-clé de la finale? Sympa oui, mais un peu immodeste... Le penalty arrêté par Buffon face à la Roumanie? Grand moment, mais la sortie de l'Italie en 1/4 de finale ôte à cet exploit sa portée légendaire... Le parcours allemand? Bof et re-bof...La Russie et Arshavin? Les deux raclées subies face à l'Espagne, ça le fait moyen... Le fiasco portugais? amusant mais un peu court... La France? Rires...

  Bon, passé ce petit tour d'horizon, on se dit qu'il restera l'Espagne. Reine d'un jour sans doute, mais reine pour toujours de cet Euro 2008 qu'elle aura dominé sans faiblir. Si mes souvenirs sont bons, Casillas aura eu trois ou quatre arrêts véritables à accomplir tout au long de cette marche triomphale vers le titres suprême européen. C'est impressionnant quand on y pense. Et sur les trois rencontres à élimination directe, il a plongé une fois, une seule sur un tir qui l'a vraiment mis en danger. C'était contre les Russes, à trois minutes de la fin, alors que son équipe menait déjà trois à zéro. C'est dire...

  Alors tant pis, de cet Euro, il me restera l'image de Fernando Torrès et des ses cheveux au vent courant tout à sa joie d'avoir battu Lehmann en finale... Et le pire, c'est que si Villa avait joué, Torrès se serait effacé afin de jouer pour son petit camarade afin de faire valoir ses talents de remiseur, tout ça pour dire que cette blessure de Villa a bien fait les choses puisqu'elle a permis au meilleur des Espagnols (avec mention à Casillas) d'entrer dans la légende du football. La mienne en tout cas, et c'est déjà ça.

Ca y est, au bout d’une longue aventure de 26 jours depuis mon départ de Paris, le grand jour est arrivé. On va enfin savoir qui succédera à la Grèce. Comme je vous l’avais confié précédemment, j’avais pronostiqué une finale France-Allemagne. Las, les Bleus n’ont pas été au rendez-vous de mes promesses et seule l’éternelle Mannschaft sera bien présente sur la pelouse du Ernst-Happel Stadion. Maintenant, cela ne gâche en rien mon plaisir d’assister à un dernier acte particulièrement excitant sur le papier entre Allemands et Espagnols. Une affiche dont il est difficile de ressortir un vrai favori, incontestable. Pour ma part, je mettrais bien une pièce sur la Furia Roja qui, je pense, le mérite plus. Mais la vérité d’une finale n’est que rarement celle de tout un tournoi…

Dutch Fans.jpgEt puis, alors que l’heure du retour vers Paris approche, elle s’accompagne d’une petite nostalgie. Juste le temps de se replonger sur ces 26 jours ô combien remplis d’images. Pêle-mêle, que me restera-t-il de cet Euro ? La vague Orange qui a déferlé sur Bâle comme je n’avais encore jamais vu cela, le goût de la fondue fribourgeoise, la tristesse et la dignité de Petr Cech devant la presse, l’incroyable parcours de cette folle équipe turque, la sympathie et la chaleur humaine suisse, la franchise de Patrice Evra, l’ennui infini ressenti au long de France-Roumanie, le superbe festival russe face aux Pays-Bas, l’humour à froid de Guus Hiddink, l’humour à chaud de Raymond Domenech, le charme des Paccots, la désillusion face à l’Italie… Autant de petits ou grands évènements qui me resteront longtemps en mémoire. Avant, évidemment, la grande finale de ce soir…

casillas.jpgAllez, revenons y encore une fois. A quelques heures de la finale de cet Euro 2008, petit focus (comme on dit de nos jours) sur les deux clés du match de ce soir : Casillas-Lehmann.

  Ce duel à distance des deux gardiens, espagnol et allemand, n’est pas sans rappeler celui qui opposa Buffon et Barthez en finale de la Coupe du monde 2006. D’un côté un gardien au sommet de son art, impressionnant, bondissant, explosif et surtout décisif dans les grands moments. En 2006, c’était le cas de Buffon. De l’autre, un gardien sur le déclin, approximatif, moins bondissant, moins explosif, et surtout moins décisif et qui a cessé d’être cet ultime rempart qui sauve en dernier recours les situations les plus compromises, ça, c'était Barthez.

 Ah ! L’arrêt de Buffon sur la tête de Zidane dans les prolongations de la finale de Berlin, je ne m’en suis toujours pas remis ! Et cette andouille de Barthez, feignasse comme pas deux depuis des années qui finira par avouer qu’il n’avait pas révisé les techniques de tirs des Italiens en cas de tirs aux buts ! Quel scandale !

  Donc, nous y voilà. Iker Casillas est (avec Buffon) l’un des deux meilleurs spécialistes du monde à son poste. Depuis l’âge de dix-huit ans, il s’est imposé dans les buts du Real Madrid et de l’équipe nationale. Il n’a jamais cessé de progresser. Dans cet Euro, il n’a pas encaissé un but en quatre rencontres disputées, et la victoire finale dans les tirs aux buts contre l’Italie lui revient de droit. Ce soir, MM. Ballack, Podolski et autres Klose ne vont pas se retrouver face à un quelconque Rustu ou Ricardo (deux rigolos bien sympathiques toujours prêts à commettre « the gaffe at the right moment ») mais à un monstre.

  LehmannFingerR_468x302.jpg  Face à ce Casillas là, Lehmann apparaît bien faible. Nerveux, colérique, physiquement à la ramasse, cet Euro est pour lui, à titre personnel, une sorte de cauchemar et la confirmation des causes qui ont amené Arsène Wenger à se passer de ses services dans les buts d’Arsenal cette saison. Six buts encaissés en cinq matchs, voilà la statistique qui tue. Et on n’accablera pas davantage le portier allemand en rappelant qu’il est loin d’être exempté de toute responsabilité sur les deux buts turcs de la demi finale.

  Conclusion, ça me fait bien rire quand j’entends tous nos grands spécialistes qui en sont déjà à célébrer la victoire de l’Allemagne. Comment peut-on remporter un Euro avec une tanche congelée dans les buts ?

"Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais je trouve que la 1ère demi-finale de cet Euro 2008 entre l’Allemagne et la Turquie a été vraiment super. Un match accompli avec tout ce qu’il faut : du jeu, de la technique et de l’intensité émotionnelle. Un bon match avec tous les ingrédients pour sortir du stade heureux. D’ailleurs, il y avait une bonne atmosphère sur et en dehors du terrain. On est resté dans le football. J’étais parmi les supporters avant et après le match. Aucun souci. Les Allemands n’en rajoutaient pas trop après leur victoire. Tout le monde est resté digne. L’Allemagne démontre sa capacité à être présente dans les grands rendez-vous. Parmi les favoris, c’est le seul pays, avec l’Espagne, à être là jusqu’au bout. Prenez les Russes. Ils ont joué leur finale contre les Pays Bas. L’équipe est jeune. Ce groupe n’avait pas les ressources mentales pour élever son niveau. Il a perdu avant de jouer. Sa petite star, Arshavin, a trop parlé avant. Il en a trop fait au lieu de rester concentré sur son match. Dans cette 2e demi-finale, l’Espagne était trop sûre de son football. Elle confirme son statut de favori en étant là à l’heure. Avec des hommes clés : Casillas assure derrière, Puyol règne en maître, Senna ratisse tout et bonifie les ballons, Iniesta et Xavi sont habitués au haut niveau, Villa a explosé et Torrès reste un poison pour la défense… La finale reste, pour moi, indécise. J’ai envie de voir arriver l’Espagne au bout de son projet de jeu mais… l’Allemagne n’est jamais aussi forte que lorsqu’elle est favorite. Les Allemands ont su s’élever au niveau des Portugais dans le jeu. Leur puissance physique s’exprime très bien dans le jeu sans ballon. Si ils ont du mal à faire le jeu face à une équipe regroupée, l’Allemagne est redoutable en contre attaque. Et sur coups de pieds arrêtés. L’opposition de style est donc très intéressante. Ce sera une belle finale, je crois, car les deux nations jouent. Elles aiment aller de l’avant !"

    541797001torres.jpg    Il n'y a pas que les gardiens de but dans la vie (du foot), il ya aussi les avants centres. Et qui peut nier que Fernando Torres tout au long de cet Euro a démontré un peu plus encore combien il était enthousiasmant à voir jouer. Ce joueur est une sorte de monstre de Frankenstein du buteur. Il est capable de marquer des buts foireux dans toutes les positions façon Gerd Muller (pour les plus jeunes cf lien en bas de page), il est doté d'une technique à la Johann Cruyff (idem pour les plus jeunes, cf lien en bas de page), il est aussi élégant qu'un Roberto Boninsegna (là encore voir en bas) et pour finir il est aussi efficace que Ralf Edstroem (en bas toujours). Bref, c'est un chasseur de buts comme on les aime. Un "renard des surfaces", "un goleador", un "bomber" et tout ce que vous voudrez. Il est même assez étonnant de voir Aragones le sortir de l'équipe lors de chaque rencontre de l'équipe d'Espagne, aux alentours de l'heure de jeu.

 

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  Torres se distingue dans cette équipe espagnole. D'abord, il est blond, ce qui est assez rare chez les Ibères. Ensuite, il donne le sentiment d'être là sans y être. Je m'explique. Quand on le regarde évoluer sur le pelouse, on a l'impression qu'il est ailleurs, pas vraiment concerné par les événements. On le voit souvent errer, surtout lorsque son équipe est dominée, aux abords du rond central, les bras ballants, préoccupé de la seule bonne tenue du bandeau qui retient ses cheveux azurs. Il est comme coupé du monde, tout juste s'il se préoccupe des actions sur le terrain. Détaché. Absent. J'ai même la convction que cette attitude contribue à endormir les arrières adverses. Pourquoi se méfier d'un avant à l'air ahuri? Le contraste est étonnant si l'on compare alors cette relative absence à la présence qu'il manifeste dès que la ballon se retrouve dans la surface de but adverse. Songez à ce tir effectué de dos, presque à genoux qui plus est, dans les premières minutes du match contre les Russes hier. Seul un réflexe d'Akinfeev a permis d'éviter le but. j'aime ces numéros 9 là, qui allient intelligence, technique, abnégation et roublardise. Leur seul but dans la vie, c'est dans marquer. C'est pour cette seule et unique raison que dimanche, je souhaite la victoire de l'Espagne, parce que Torres le mérite, lui. Et puis, dans cet Euro, il n'a marqué qu'un but pour le moment, et vu les performances de Jens Lehmann,(c'est vrai Cédric, z'avez bien raison), tout est possible.

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Gerd_M%C3%BCller

http://fr.wikipedia.org/wiki/Johan_Cruyff

http://fr.wikipedia.org/wiki/Roberto_Boninsegna

http://fr.wikipedia.org/wiki/Ralf_Edstr%C3%B6m

http://www.sport24.com/football/euro-2008/groupe-d/nations-groupe-d/espagne/fernando-jose-torres-sanz/

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Oui, M. Gary Lineker, réjouissez-vous, «le football est toujours un sport qui se joue à 11 et où les Allemands gagnent à la fin». La Mannschaft en a fait une nouvelle démonstration en demi-finales de cet Euro, face à la Turquie, au terme d’une prestation ô combien décevante. Oui, mais voilà, le propre des très grandes équipes est de savoir gagner en jouant mal. Et à ce titre, mercredi soir à Bâle, l’Allemagne fut immensément grande. Souvent incapable d’aligner trois passes d’affilée, dépourvu du moindre rythme, manquant d’agressivité, les hommes de Joachim Löw ont sans aucun doute livré leur plus pale prestation depuis le début de cet Euro. Ce qui n’est pas peu lorsque l’on se souvient des copies raturées face à la Croatie et à l’Autriche. Sauf que l’Allemagne, contrairement à beaucoup d’autres, est toujours en course pour un 4e sacre européen. Sauf que l’Allemagne, contrairement à une certaine équipe tricolore, sait être réaliste devant le but.

 

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Ainsi, face à des Turcs courageux mais par trop diminués, les Teutons ne se sont créés, en étant généreux, que quatre occasions et demie. Pour trois buts. Un ratio digne d’éloges, qui leur a permis de compenser leurs lacunes défensives. Dont une principalement qui intéressera notre ami Bruno (Roger-Petit pour les nouveaux arrivants) : la Mannschaft peut-elle s’imposer avec un gardien aussi extraordinairement médiocre que Jens Lehmann ? La seule performance que l’on accordera au portier allemand : celle d’avoir réussi à faire passer un coup franc anodin d’Haltintop en frappe très dangereuse, juste parce qu’il était parti se promener au point de penalty. Alors tremblez Allemands car cet homme est dangereux !

Avant cet Euro, à l’inévitable petit jeu des pronostics, j’avais misé une pièce sur une finale France-Allemagne. Si mon patriotisme m’aura perdu sur ce coup, la Mannschaft, elle, a répondu à mon appel. En me faisant peur tout d’abord lors d’un premier tour qu’elle n’aura que très imparfaitement passé. Puis en me rassurant ensuite en livrant un match d’une fort belle tenue contre le Portugal. Et ce mercredi, je ne vois pas comment la Turquie pourrait accomplir de nouveaux miracles. Jamais deux sans trois me direz-vous ? Oui, mais alors le 1 sera la Suisse, le 2 la République tchèque et le 3 la Croatie. Si encore les Turcs étaient dans les meilleures conditions, peut-être cela me semblerait-il possible. Mais là, très honnêtement, je veux bien, mais avec l’éventualité du 3e gardien jouant attaquant en fin de match… Et en finale, même si le jeu russe m’a particulièrement séduit lors de ses deux derniers shows, je souhaiterais assister à une opposition entre l’Allemagne et l’Espagne. Pourquoi ? Tout simplement car le jeu des Ibères me plaît. Au milieu de terrain, ils pratiquent par moments ce «toque» si subtil et si plaisant à admirer. Devant, ils disposent de deux superbes joueurs, dont l’un, Villa, a éclipsé l’autre, Torres, mais peut-être pas pour bien longtemps… Et derrière, Casillas mérite largement un grand titre international avec la Furia Roja. Donc voilà, mes doigts sont croisés avant les demies.

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Russie 003.jpgJuste ce petit jeu pour vous, chers internautes, qui, comme moi, avez eu votre enfance bercée par les ouvrages «Où est Charlie ?» Rapide mise en situation : la scène se situe ce mardi, à la sortie de l’entraînement des Russes au Franz-Horr Stadion de Vienne. Alors qu’était annoncée une zone mixte avec les joueurs russes, Guus Hiddink change de décision, invite ses joueurs à monter dans le bus, puis les journalistes à s’écarter du passage du dit bus avant, grand prince, d’improviser une petite conférence de presse où son humour allait de nouveau séduire son auditoire. Et puis, cela doit lui faire plaisir au Guus ce petit bain de journalistes… A moins qu’il ne s’agisse juste de protéger ses joueurs de la pression médiatique ?

  Le temps médiatique est impitoyable. J'ai le sentiment que l'équipe de France de football a été éliminée il y a une éternité et que le feuilleton Domenech-restera-restera-pas/Deschamps-pas-Deschamps/France98-pas-France98-etc n'en finit pas de finir. C'est quand d'ailleurs le 3 juillet? Dans un siècle?

  Pour tout vous dire, cette affaire est crispante, tellement symptomatique des maux du football français: conservatisme, immobilisme, frilosité, incapacité... Le Conseil Fédéral ressemble au Kremlin des années 80 avec Escalettes dans le rôle de Brejnev. Que rien ne bouge, que rien ne change, gardons Domenech parce qu'on sait ce qu'on perd mais on sait pas ce qu'on va avoir... France 98 et ses jeunes sabras? Au secours! Des jeunes qui veulent tout, qui prendront tout, nos privilèges, nos titres, nos fonctions, nos notes de frais, nos beaux hotels de luxe en déplacements tous frais payés, nos bons repas dans les jolis restaurants où la bedaine s'arrondit à mesure que le palmarès de l'équipe de France s'amincit. Et Thiriez, le patron de la Ligue Professionnelle? Il fait quoi? On dit qu'il aimerait bien que ça change, très bien, mais que peut-il réellement?

  Bref, y'en a marre de cette ambiance autour de l'équipe de France. On se croirait au Parti socialiste avec Domenech dans le rôle de François Hollande période 1997-2008. Ce spectacle est pitoyable qui consiste à vouloir sauver un sélectionneur afin de préserver des privilèges de nomenklaturistes. Tiens, je vote Dugarry à la tête du Conseil Fédéral! Et j'ai pas de mal à le dire, j'ai toujours considéré qu'avec Blanc et Lizarazu, c'était le plus brillant de sa génération. Qu'on respire enfin dans ce football français verrouillé comme jamais, et vite!

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                                                Photo: Escalettes, la force immobile

"Avant les demi-finales, j’ai déjà envie de retenir une chose de l’Euro 2008 : ce sont les équipes qui jouent pour marquer des buts qui sont aujourd’hui présentes à ce stade de la compétition. C'est très bien pour le jeu et les spectateurs ! J’espère qu’Allemagne-Turquie et Russie-Espagne confirmeront la tendance, malgré la pression de l’enjeu…

La Russie a le potentiel pour aller au bout. Physiquement, ses joueurs sont très bien. Ils ont repris leur championnat en janvier et sont encore frais. Le Zenit Saint-Petersbourg a gagné la coupe UEFA cette saison, avec des garçons qui ont envie de se faire connaitre pendant cet Euro. On voit bien que l’école russe existe toujours. Cette équipe est très très dangereuse…

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L’autre grosse surprise de ces demi-finales, c’est la Turquie, qui est capable, quatre ans plus tard, de nous recommencer un coup à la grecque ! Les Turcs jouent dans un autre registre, c’est vrai. Ils sont capables de retourner les situations de façon spectaculaire. Leur demi-finale sera très intéressante. D’autant plus que le match contre l’Allemagne sera plus qu’un match de football...

L’Allemagne, justement, est une des équipes les plus en vue de cet Euro. Les Allemands jouent au ballon, attaquent. Ils ont été très bons contre les Portugais en leur marquant trois buts. Il y a du talent dans cette équipe, avec Michael Ballack et Bastian Schweinsteiger qui ont démontré leur ambition. Il faut compter avec eux.

Pour finir, l’Espagne n’est pas tombée dans le piège italien lors de son quart de finale. Elle a su garder ses nerfs, rester organisée. Je trouve que l’équipe d’Espagne a grandi. Des joueurs comme Senna ou Villa, que l’on connaissait déjà, sont aujourd’hui à un niveau supérieur. Ils ne craquent pas. Torres est peut-être un peu plus surveillé par les défenseurs, voire éclipsé par l’explosion de Villa, il peut faire la différence. Il y a une maturité nouvelle dans ce groupe. Les joueurs ne refusent pas leurs responsabilités. C’est encourageant pour la suite…"

Torres.jpgEt si Raymond Domenech avait raison sur au moins un point ? Rappelez-vous, avant le début de la compétition, un journaliste lui avait demandé s’il était sélectionneur à faire tourner son équipe en cas de qualification assurée avant même le dernier match. Et lui avait répondu à peu près ceci : «Pour moi, dans un Euro, tous les matches sont des matches de coupe. Souvent, celui qui fait tourner rentre à la maison plus tôt que prévu.» Soit exactement ce qui est arrivé jusqu’à présent au Portugal, à la Croatie et aux Pays-Bas. Pourtant, comme cela, sur le papier, l’idée n’apparaît pas saugrenue de faire souffler ses meilleurs joueurs alors que les organismes sont fatigués au bout d’une saison interminable. Et puis cela évite le risque d’une blessure idiote, d’un carton inapproprié… Bref toutes ces petites tracasseries du quotidien d’un sélectionneur. Oui mais voilà, si faire tourner a des avantages, il a aussi un gros inconvénient : couper le rythme des joueurs par rapport à leurs adversaires, obligés de batailler jusqu’au bout. On l’a vu notamment avec les Pays-Bas, incapables de reproduire le jeu enchanteur du 1er tour. Ces 8 jours de break ne sont qu’une demie bonne idée. Surtout si l’Espagne imite ses devancières face à l’Italie. Comme quoi, finir premiers n’a que peu d’importance…

  20080622_ABLArshavin_W001A.jpg  Hier, Tout au long de la retransmission télévisée de la rencontre Pays-Bas-Russie sur M6, Thierry Roland et Franck Leboeuf se sont extasiés face à l'incroyable condition physique affichée par les joueurs russes. Auraient-ils la mémoire courte? A-t-on jamais vu une équipe dirigée par Gus Hiddink se mouvoir sur un terrain de football sans démontrer que le football est aussi un sport qui exige une endurance physique hors du commun? Souvenez-vous des Pays-Bas 98, de la Corée du sud 02, de l'Australie 06, toutes équipes conduites à des niveaux exceptionnels de performance, et plus encore s'agissant de la Corée lors de la Coupe du monde 2002.

  La prolongation d'hier soir était de ce point de vue des plus révélatrices. Alors que les Hollandais terminaient cette rencontre au rythme où l'équipe de France les débute, les Russes caracolaient aux quatre coins du terrain, accumulant les occasions, débordant, centrant, tirant comme des dératés. Van der Sar avait beau injurier ses défenseurs façon Lehmann, Snedjer pester contre l'arbitre, Van Nistelrooy esquiver des appels de balle de moins en moins tranchants, rien n'entravait le ballet des joueurs russes. Impressionnant.

  Voici donc Hiddink à la tête de la sélection russe encore en passe de réaliser un petit exploit. Après tout, lorsque l'on élimine l'ogre de l'Euro, tous les espoirs sont permis.On attendra avec impatience l'inéluctable Russie-Italie en demi-finale de ce championnat d'europe. Tiens, d'ailleurs il existe une pizza Hiddink, fabriquée depuis 2002 en Corée du sud. Ne pas oublier que les Coréens ont éliminé l'Italie lors de ce Mondial, heureusement que l'histoire ne se répète jamais.

 

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Ah quoi bon attendre davantage en effet ? Sur ce qu’ils ont montré et vécu jusqu’ici, les Turcs semblent imbattables, invincibles, insubmersibles… Et j’en passe. Etre mené de deux buts à un quart d’heure de la fin et s’imposer finalement 3-2 contre la République tchèque était déjà un miracle impressionnant. Mais prendre un but à la dernière minute d’une prolongation si éprouvante face à la Croatie et égaliser dans les arrêts de jeu, cela tient de l’irrationnel. Ensuite, il devenait évident que les Croates ne remporteraient pas la séance de tirs au but. Dans leurs yeux, l’étincelle s’était éteinte. Tristement.

Rustu.jpgPourtant, cette équipe turque accumule pépins physiques et suspensions comme d’autres les occasions ratées (okay, je pense à la France). Mais elle est animée d’une force intérieure qui la pousse à toujours se sublimer (là, je ne pense plus à la France). Alors peut-elle véritablement aller jusqu’au bout et créer une nouvelle surprise, quatre ans après la Grèce ? La raison voudrait que non, l’Allemagne étant plus forte sur le papier et en plus, elle dispose d’un jour de récup’ supplémentaire. Mais avec ces Turcs, depuis quinze jours, c’est «au diable la raison !» Alors vivement la demie et qu’est-ce que l’on se régale pour l’instant dans cet Euro et ces quarts de finale …

Elle était attendue et elle est au rendez-vous ! La fameuse marée «Oranje» déferle bien en ce moment sur la pauvre petite cité suisse de Bâle qui, va l’espace d’une soirée, voir sa population passée de 160 000 habitants à… près de 260 000 ! Un engouement incroyable, qui laissait d’ailleurs admiratif Marco Van Basten la veille en conférence de presse : «C’est extraordinaire pour nous de voir à quel point nous sommes soutenus, y compris à l’étranger. C’est un vrai avantage pour nous d’évoluer dans un stade acquis à notre cause.» Le sélectionneur néerlandais ne sera donc pas déçu ce soir au Saint-Jakob Park. La preuve en images….

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   Un petit mot comme ça en passant. Qui avait raison lorsqu'il disait que le Portugal n'irait pas très loin dans la compétition compte tenu des prestations de son gardien Ricardo?

  Hier encore, deux sorties aériennes digne des Rafales qui équipent le "Charles de Gaulle" et deux buts pour l'Allemagne. Voilà le Portugal 2008 bon pour le musée Grévin des équipes de rêve qui ne gagnent jamais les grandes compétitions. Merci qui? Merci Ricardo. 

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                              Photo: Ricardo, Alves et Nani, bons pour le musée Grévin.

 

 

Pour faire plaisir à Thierry Henry, réécrivons le scénario de cet Euro injuste pour les Bleus. Après un match nul triste comme la pluie contre la Roumanie (0-0), la France joue une partie de son avenir dans cet Euro face à des Pays-Bas impressionnants contre l’Italie en ouverture (3-0). Et qui continuent en ouvrant le score dès la 10e minute par Kuyt, d’une tête sur corner. Cueillis à froid, les Tricolores mettent du temps à réagir. Mais à la reprise, ce n’est plus la même équipe. Thierry Henry profite d’un ballon mal dégagé dans la surface néerlandaise pour frapper au but. Oojier détourne la tentative de «Titi» de la main dans une tentative de sauvetage désespérée. L’arbitre applique la double sanction : penalty et carton rouge. Ribéry se charge de le transformer et derrière, les Bleus font le siège d’Oranje réduits à 10 et parant au plus pressé. Entré en jeu quelques minutes auparavant, Gomis réédite son exploit équatorien en inscrivant deux buts coup sur coup et la France s’impose au final (3-1).

France.jpgDerrière, les Bleus renvoient les champions du monde transalpins chez eux grâce à leur match nul (1-1), Ribéry se permettant même d’ouvrir le score sur penalty, obtenu par Abidal sur un ceinturage de Toni, d’une somptueuse Panenka. Dans la douleur, les Tricolores terminent donc deuxièmes de leur groupe, ce qui leur vaut de retrouver l’Espagne en quarts de finale. Comme d’habitude, la Seleccion, brillante jusqu’ici, se désagrège sous le poids de la pression et Malouda, enfin de retour à son meilleur niveau, inscrit un doublé, avant que Benzema ne plie l’affaire en fin de match (3-1). En demies, les Français affrontent une surprenante Russie, emmenée par son joyau Arshavine. Sans complexe, celle-ci domine les débats mais Henry, à l’entame du dernier quart d’heure, place un tir enveloppé de la gauche vers la lucarne droite dont il possède la marque de fabrique (1-0). Thuram, lui, sauve un but tout fait sur sa ligne et les Bleus s’avancent vers une finale explosive contre l’éternelle rival allemand… Okay, d’accord, j’arrête de me faire du mal…

casketitalie.jpg  C'est toujours pareil, quand la France est éliminée d'un tournoi majeur, Coupe du monde ou Euro, on se retrouve toujours face au même problème: qui que je vais supporter moi maintenant? Quelle équipe va devenir mon équipe de coeur?

  Dans ces cas-là, j'avoue un faible pour les Italiens. Ben oui... En général, c'est ma "seconde équipe de coeur". Pourquoi? Je ne sais pas. Rien de généalogique ou génétique. Si je devais m'en remettre à ce critère, je serais supporter espagnol (eh oui...), mais franchement je ne peux pas. Soutenir l'Ibère m'inspire autant que mes anciens cours de physique chimie de seconde A. Le Portugal? Bof... Christiano Ronaldo et ses entrechats? Rebof... Tiens, j'aurais bien voulu le voir face à Gentile celui-là, avec ses passements de jambes aériens qui font passer un petit rat de l'Opéra pour un All Black.L'Allemagne? Jamais, Glasgow 76, Séville 82, Guadalajara 86, Lehmann 08... Non! Non! Non! L'Allemagne jamais. La Russie? Mouais... La Turquie? Pas très sympathique cette équipe de joueurs pas très bien rasés. La Croatie? Le maillot est rigolo, à part ça... Les Pays-Bas? Impressionnants, mais question fait-play, il y aurait beaucoup à dire.

 Et voilà, comme d'hab', restent les Italiens. Gattuso, Buffon, Toni, Grosso, Pirlo... Des personnages, des vrais. Un mental, un vrai. J'ai hâte de voir les "zartistes zespagnols" d'Aragones face aux membres aguerris de la Squadra. Et je leur prédis le même destin qu'en 2006 face à la France. Parce qu'en football, il y a des vérités éternelles, notamment celle-ci: Plus l'Italie est nulle au départ d'une compétition, plus grandes sont ses chances de la remporter à l'arrivée. Tout le contraire de l'Espagne d'ailleurs. Allez, tous en choeur:

"Fratelli d'Italia,
l'Italia s'è desta,
dell'elmo di Scipio
s'è cinta la testa." Etc...

http://www.dailymotion.com/video/xrvji_hymne-italien

Domenech.jpgDu temps. Voilà ce qu’il va me falloir pour digérer cette sortie prématurée des Bleus. Je dirais même cette «non-compétition» qu’ils viennent de réaliser. D’ailleurs, Willy Sagnol nous le disait bien après ce cauchemar italien : «L’équipe de France n’est jamais entrée dans son Euro.» Et le problème, c’est qu’elle en est sortie très vite du coup. Pourtant, à mon sens, elle n’a jamais été ridicule. A 10 contre les Italiens, jamais elle n’est apparue dépassée. Contre les Pays-Bas, malgré l’ampleur du score final, les occasions furent au rendez-vous. En fait, le principal reproche que j’adresserais à cette équipe de France se situerait davantage contre la Roumanie, où son manque d’ambition (et d’envie ?) fut exaspérant. A trop craindre de prendre un but, les Bleus ont fini par avoir peur… d’essayer de gagner. Un comble, dont la responsabilité est imputable d’abord au sélectionneur, Raymond Domenech, et ses «fameuses» consignes. Comme si perdre le premier match était forcément synonyme d’élimination. Tiens, d’ailleurs, c’est bizarre mais la Turquie, l’Italie et la Russie, toutes défaites (et pas qu’un peu d’ailleurs) lors de leur entrée en compétition, sont toujours là en quarts. Alors Raymond, souviens-toi de cela : la peur n’amène jamais à quelque chose de constructif.
highres_00024678000026.jpgJe l’avais dit en arrivant en Suisse, Raymond avait (presque) tout misé sur le match contre l’Italie. C’était un peu sa finale à lui, et ça s’est transformé en son final, puisqu’il est peu probable qu’il remette le jogging de l’équipe de France à compter du 4 juillet. Le problème de Raymond finalement, c’est que c’est un bon acteur mais qu’il est mauvais en scénario. C’est peu de le dire. Souvenez-vous il y a deux ans déjà, le show Domenech avait commencé par une bonne blague. Il avait donné rendez-vous à tout le monde un 9 juillet, date de la finale de Coupe du Monde. Qu’est-ce qu’on avait rigolé alors ! Et puis finalement, le 9 juillet, on était tous devant notre petit écran à rêver d’un nouveau 12 juillet 1998, jour de gloire de la patrie. Oui mais voilà, dans le scénario de Raymond, il s’était planté sur la scène finale. Et bah là, c’est un peu pareil, le Raymond, il nous avait donné depuis le début rendez-vous (implicitement) contre les Italiens. Et comme il y a deux ans, le scénario ne s’est pas déroulé comme prévu. Une blessure dès la 9e, une expulsion à la 24e, pour le suspense à la Hitchcock, on repassera. Mais Raymond n’a pu s’empêcher de nous jouer une dernière séquence avant de quitter la scène. En bon acteur de théâtre qu’il est, il nous l’a fait Don Juan demandant en mariage sa douce Done Elvire, qui n’a semble-t-il pas vraiment apprécié. C’était la sortie ratée d’un bon comédien, metteur en scène d’occasion, pas vraiment servi par le scénario. Rideau.
"Je ne devrais pas le dire, mais on s’y attendait. La compétition avait mal débuté pour nous. On avait envisagé que la Roumanie et les Pays-Bas s’arrangent entre eux, mais cela ne s’est pas passé comme ça et nous n’avons pas su gagner. On a pourtant une belle équipe, ils ne savent pas forcément encore bien jouer ensemble pour passer les étapes nécessaires et aller au bout d’une compétition. Ils ont encore du travail à faire collectivement et ils auront plus de chance lors de la prochaine Coupe du Monde. En espérant que cette fois-ci, ils nous fassent rêver jusqu’au bout. Pendant le match, je me faisais masser par les kinés (Ndlr : Malia dispute actuellement l’Open EDF de natation à Paris) et je regardais en même temps. J’ai arrêté avant la fin de la deuxième mi-temps car je sentais que ça n’allait pas le faire. Je ne voulais pas m’endormir en étant vraiment déçue. On voulait que cette équipe aille plus loin pour la soutenir encore plus. Je le regrette. Mais je reste toujours supportrice de l’équipe de France, elle nous a fait rêver et j’espère que la prochaine fois, elle nous fera encore rêver jusqu’au bout."

"On n’a pas eu de c.. dans ce match contre l’Italie ! Vraiment zéro chance ! La blessure de Ribéry nous fait très mal en début de match. Et puis on prend tout de suite un carton rouge derrière. Les Italiens ont senti que le vent était dans leur sens. Ils ont commencé à se laisser un peu tomber. L’arbitre n’a rien sifflé pour nous. Il était clairement en leur faveur. Ca plus ça plus ça… Il y a une foule de trucs qui font que le match t’échappe…

Pourtant, on n’a pas démérité. Après l’expulsion d'Abidal, j’ai trouvé que les gars étaient abattus. Mais ils ont relevé la tête. Henry et Benzema se déplaçaient beaucoup, mais ça ne souriait pas. Et puis, à l’heure de jeu, à dix, ils ont un peu craqué physiquement. L’autre jour, la Turquie avait pu revenir et gagner contre les Tchèques alors qu’elle était menée 2-0. Là, après tout le match à dix, les Français n’ont pas eu les ressources physiques pour recoller au score.

Bon, autant il y a des fois, tu frappes au but et tu es déçu du score final parce que tu aurais pu l’emporter. Autant, là, j’ai le sentiment qu’il n’y avait pas grand-chose à faire. Rien n’était de notre côté. Dans ces cas là, un joueur relativise plus facilement. Moi, ce soir, je suis surtout déçu pour Thuram et tous les anciens de cette équipe. C’est une sortie trop triste. Qui ne leur correspond pas. Oui, je suis surtout déçu pour eux, compte tenu de tout ce qu’ils ont apporté à cette équipe et de la sortie qui leur a été réservée…"

Présent au Letzigrund de Zurich pour soutenir l’équipe de France, Jean Fernandez sait que le chemin vers les quarts de finale est étroit. Mais l’ancien entraîneur de l’OM croît en un succès contre l’Italie, tandis que les Roumains feraient un faux-pas.

Jean, en tant qu’entraîneur, comment gère-t-on une rencontre comme celle face à l’Italie, à la fois décisive et dépendante d’un autre résultat ?
Jean Fernandez :
C’est compliqué. Il n’y a pas grand-chose à faire en ce qui concerne le match Roumanie-Pays-Bas, si ce n’est croiser les doigts. Donc le plus important pour nous, c’est de ne pas se concentrer sur ce match et de se focaliser sur le fait de battre les Italiens pour ne pas avoir de regrets. En fait, la situation est plus délicate à gérer pour les Transalpins car eux, un nul peut éventuellement leur suffire. Nous, seule la victoire nous intéresse.

Fernandez.jpgQu’avez-vous pensé de cette équipe de France jusqu’à présent ?
Jean Fernandez :
Je suis un peu déçu, comme certainement tous les supporters de l’équipe de France. Mon seul regret, c’est que je sens que physiquement nous ne sommes pas très bien et dans une compétition où les matches s’enchaînent tous les trois jours, c’est un handicap rédhibitoire selon moi. C’est un peu dommage, mais sur un match, tout reste possible. Et puis si on arrive à sortir de ce groupe, après, c’est une toute autre compétition qui commencerait.

Sur ce débat entre anciens et jeunes, quel est votre sentiment ? Est-ce le moment de lancer la nouvelle génération ?
Jean Fernandez :
C’est au sélectionneur de se prononcer, c’est lui le mieux placé pour juger de l’état de forme des uns et des autres. Certains ont beaucoup apporté à l’équipe de France par le passé et je comprends que sa décision ne soit pas facile à prendre.

Quel est votre pronostic pour ce soir ?
Jean Fernandez :
Je vois la France gagner et la Roumanie se contenter d’un nul contre les Pays-Bas.

"Zidane, il nous surprenait à chaque fois qu'il jouait et qu'il arrivait à faire dépasser toute cette équipe de France. Il montrait à chaque joueur ce dont il était capable... Mais il n'est plus là, il nous manque" Malia Metella :
Malia Metella : "Zidane nous manque" - Sport24
Vieira.jpgPour reprendre une chanson très connue d’un autre célèbre Patrick : «Qui a le droit ? Qui a le droit de faire ça, à notre capitaine, qui croyait vraiment ce que lui disait le médecin de l’équipe de France ? Merci à qui, à quoi ?» Raymond Domenech, qui se targue d’avoir retenu les leçons du passé, ne voulait pas que le cas Vieira soit géré comme celui de Zidane en 2002. Et là, très franchement, il a réussi puisque c’est presque pire. Que l’un des médecins de l’équipe de France ait oublié d’emporter son Vidal de poche à Tignes, puisque c’est là-bas que tout s’est décidé, est une chose. Qu’à moins de 24 heures d’un France-Italie décisif (qui a dit non ?), Vieira se présente devant la presse avec «les boules» en est une autre, quelque peu mal placée. Bonjour la préparation d’une telle rencontre. Bien sûr, pour nous journalistes qui étions sans nouvelles de Patrick depuis le début de l’Euro, nous nous régalons de savoir enfin où il en est. Certains de nos confrères (non, je ne citerais aucun nom) qui se plaisent et se complaisent à disséquer la vie des Bleus pour en ressortir diverses salop…. vont pouvoir aussi s’en donner à cœur joie. Mais pour un amoureux des Bleus tel que moi, qui pense que la qualification demeure envisageable, j’aurais préféré voir un Thuram débarquer avec un discours bien convenu plutôt que cette déflagration d’une bombe que l’on pressentait à retardement au moment de l’annonce des 23. Enfin, tant pis, concentrons-nous maintenant sur l’Italie…

presse 004.jpgEtre payé pour voir des matches de football et interviewer les meilleurs joueurs du monde (et les un peu moins bons aussi). Cela fait rêver bien du monde. Sauf que chaque rêve possède son revers de la médaille. Primo, voir des matches tels que le France-Roumanie d’il y a une grosse semaine n’est pas vraiment considéré comme un cadeau. Deuxio, obtenir des interviews des joueurs n’est pas toujours une chose simple. C’est même impossible en ce qui concerne l’équipe de France puisque l’attaché de presse des Bleus avait été très clair en début de compétition : aucun entretien individuel ne sera accordé. Raymond Domenech avait annoncé réserver le pire aux journalistes tricolores lors de cet Euro et il tient promesse. Il faut donc se contenter de sa personne, loin d’être déplaisante mais juste un peu frustrante, et des quelques points presse organisés. Et des zones mixtes, ce qui m’amène à mon tertio : ces fameuses zones de non-droit dont j’ai déjà eu l’occasion de vous parler et qui ne sont pas une sinécure. Enfin, quarto, le journaliste se doit d’être bien préparé physiquement pour un mois de travail non-stop. Ainsi, au bout de quinze jours de dur labeur, certains de nos confrères commencent à souffrir. Comme le démontre la photo ci-contre. Et en plus, lui, il a le décalage horaire.

Cech.jpgImpitoyable. Le poste de gardien de but ne pardonne rien. Y compris aux meilleurs. Si notre ami Bruno a déjà tout dit sur l’importance de ce poste au sein d’une équipe, il était particulièrement triste, dimanche soir, d’assister à la boulette de Petr Cech. Il y a 4 ans, le portier tchèque était élu meilleur portier de l’Euro portugais. Hier, c’est lui qui, selon ses propres termes, a «renvoyé son équipe à la maison». Sur un centre anodin d’Altintop, il relâchait le ballon et Nihat, en embuscade, n’avait plus qu’à propulser celui-ci au fond des filets. Un véritable crève-cœur. On en connaît beaucoup qui aurait alors fui leurs responsabilités (oui, certains Bleus, je parle de vous) et échapper à tout contact avec la presse, cette démoniaque dévoreuse de héros. Mais pas lui. Sereinement, avec une émotion et une sincérité touchantes, Cech a pris le temps de s’expliquer. Sans se chercher d’excuses. Comme tous les Tchèques d’ailleurs, d’une dignité rare dans la défaite. Surtout après un tel scénario. Personnellement, c’est sans aucun doute le moment le plus fort que j’ai vécu depuis le début de cet Euro. Quand le sportif se départit de sa carapace habituelle pour laisser poindre l’homme. Simplement. Sans artifice ni discours convenu. Du coup, moi aussi, comme Petr, j’ai envie de croire en un futur prometteur pour le football tchèque.

  Ce matin au micro d’Europe 1 sport (dans l’émission que j’anime du lundi au vendredi 10h-12h, Langues de sport, voilà, c’est fait pour la pub, merci), Dominique Grimault de M6, s’est interrogé sur le rôle joué par l’association France 98, association qui regroupe les grandes gloires de la période, dans la campagne anti-Raymond (Domenech évidemment) qui se développe peu à peu, jour après jour, heure après heure et qui vise, selon lui, à faciliter à terme l’accession de Didier Deschamps au poste de sélectionneur national. illustration_19540_deschamps.gifEh oui ! C’est ça aussi le football, des complots, des intrigues, des manœuvres et manipulations dignes de la Cour des Borgia… Ca ne date pas d’hier d’ailleurs, il suffit de se remémorer la façon dont Michel Platini avait succédé à Henri Michel au poste suprême en 1988, au lendemain d’un piteux match nul à Chypre. A l’époque le coup d’Etat avait été monté par le président des Girondins de Bordeaux Claude Bez et ce lobby très actif au sein du football français que représentait le Variétés club de France, club cher à Thierry Roland. Aujourd’hui, l’équipe de France est à peine éliminée de l’Euro 2008 que l’on s’interroge non pas sur le sort de Domenech dans ce cas de figure, mais sur le nom de son successeur. De ce point de vue, les éditoriaux de Lizarazu dans les colonnes de l’Equipe sont, selon les exégètes, à suivre avec attention. De plus en plus le monde du sport ressemble à la politique, il va falloir s’y faire.

Bernard Lama et les journalistes de Sport24 se sont penchés sur la défaite des Bleus contre les Pays-Bas avant d'évoquer le match contre l'Italie. L'analyse de Bernard Lama - Sport24
L'analyse de Bernard Lama - Sport24
RTX6KZ3.jpgLa France n’est pas encore éliminée de l’Euro 2008 que l’on commence à chercher les coupables. Il faut dire que plus personne n’y croit vraiment. Ce bon Raymond tient un double discours de circonstance, les joueurs n’affichent pas un visage des plus confiants (heureusement serait-on tenté de dire), et les journalistes ont commencé à faire les bagages du retour. Ce dimanche donc, jour paisible dans la campagne suisse toujours arrosée par cette maudite pluie, il fallait désamorcer le terrain de plus en plus miné. Et ce sont Franck Ribéry et Grégory Coupet qui s’y sont collés. Non, il n’y a pas de frictions dans le groupe. Non, Karim Benzema n’est pas au cœur du courroux de certains cadres. «Il n’y a pas de coupure, il n’y a pas deux groupes. Moi je ne ressens pas de tension à l’intérieur, c’est votre point de vue à vous, à l’extérieur», a ainsi lancé, sans plus de conviction que cela le Munichois. Mieux même pour le gardien des Bleus qui évoque carrément «la bonne ambiance qui règne». Pourtant, dieu sait qu’une bonne petite explication de texte provoque souvent un réveil des troupes. Et vu l’air amorphe de certains Bleus depuis le début de la compétition, cela vaudrait assurément le coup.

presse.jpgLes premières conséquences de la lourde défaite contre les Pays-Bas n’ont guère tardé à se faire sentir en salle de presse. Regards perdus dans le vide, têtes basses, certains journalistes tricolores pensaient déjà avec une certaine tristesse à la date prochaine du mercredi 18 juin comme celle du retour en France. En effet, en cas d’élimination des Bleus, le contingent médiatique tricolore devrait perdre au bas mot une bonne moitié de ses effectifs. Un véritable exode que personne ne souhaite évidemment, mais auquel tout le monde pense inévitablement. Certains le font de manière pragmatique en pensant à leurs francs suisses qu’il va falloir dépenser plus rapidement que prévu. D’autres font preuve de davantage de romantisme en regrettant de ne pas découvrir les charmes de Vienne. L’optimisme, en général, n’est pas de mise en tout cas. Entre ceux qui voient les Roumains s’imposer face aux Pays-Bas bis et ceux qui pensent que les Bleus ne battront pas les Italiens, difficile d’être enthousiaste. Mais au fond d’eux, c’est sûr, tous espèrent que l’aventure se poursuive. Histoire de voir Vienne et mourir…
Que se passe-t-il pour le journaliste sitôt que le coup de sifflet final de la rencontre a retenti ? Eh bien il se dirige simplement, mais prestement, vers ce qu’on appelle communément la zone mixte. Un endroit où les médias, divisés par classe (télé, radio, presse écrite, internet…), se retrouvent entassés derrière des barricades pour espérer recueillir LA déclaration de la soirée. Autant être clair, cette zone de non-droit demande une certaine expérience pour éviter toute mort accidentelle par étouffement et savoir anticiper les éventuels endroits mieux desservis. Ce qui n’est jamais simple un soir de défaite, de déroute presque, comme vendredi, à Berne, pour les Bleus. Le genre de scénario qui inspire généralement cette sombre pensée chez le journaliste : y aura-t-il seulement un joueur qui s’arrêtera ?

Une angoisse qui prenait corps avec le premier refus de la soirée. Très courtois et arborant un grand sourire, Nicolas Anelka a mis sa deuxième crampe à la presse après France-Roumanie. Mais il le fait avec classe. Ce qui n’est pas tout à fait le cas d’un Karim Benzema au visage fermé et qui rembarrait les micros d’un haineux et méprisant : «C’est bon, là !» Dis comme ça, cela semble anodin mais avec le ton juste, cela procure son petit effet. Enfin, on pardonnera au Lyonnais ce manque de savoir-vivre car il est encore jeune et a beaucoup de choses à apprendre sur et en dehors du terrain. La palme du regard le plus noir revenait, elle, à William Gallas, casque sur la tête et que personne, ou presque, n’a osé interpeller.

Il fallait donc attendre le passage de… Sébastien Frey, un bon client élevé dans le bain de la politesse et de la «zénitude». Un régal. Même chose pour Thierry Henry, toujours dispo et qui est bien loin de l’image prétentieuse que certains veulent bien lui coller. Patrice Evra, lui, est sans doute l’un de mes chouchous de par sa gentillesse et sons sens de la formule : «Si l’on veut être en vacances plus tôt que prévu, on sait ce qu’il faut faire contre l’Italie.» Mais alors que tous les joueurs sont censés passer par cette zone mixte (qu’ils s’y arrêtent ou pas pour répondre aux questions n’est pas obligatoire), une question se pose : que devient Franck Ribéry ? Invisible face à la Roumanie, le Munichois a récidivé contre les Pays-Bas. Etrange de sa part, lui qui est si ouvert d’ordinaire. A moins que les hasards du contrôle anti-dopage s’acharnent sur lui…

  Quitte à passer pour un individu qui serait la proie d’idées fixes, tant pis, mais je vais encore causer gardiens de but. France-Pays et Italie-Roumanie, deux rencontres qui ont démontré la différence qui existe entre un gardien d’exception et un gardien ordinaire, bref, et pour tout dire franchement, il y a un gouffre entre Buffon et Coupet.

  Quand j’étais gamin, on me bassinait avec l’arrêt de Gordon Banks, gardien de l’Angleterre et son arrêt miraculeux sur une tête de Pelé lors d’un historique Brésil-Angleterre disputé lors de la Coupe du Monde 1970 au Mexique. Et Pelé qui frappe un ballon de la tête, et Pelé qui crie « Goooool ! » avant même que le ballon soit entré dans le but, et Banks qui plonge, et Banks qui détourne la balle en corner, et qu’il est beau mon arrêt du siécle ! (cf mon petit découpage en 3 photos ci dessous)



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  Depuis, j’attendais moi aussi de vivre un instant pareil. C’est fait.

  Ce qu’a réalisé Buffon hier, double réflexe main-pied sur le penalty tiré par le roumain Mutu est exceptionnel. Cet italien est en passe de devenir le plus grand gardien de tous les temps. Sans lui, l’Italie ne serai pas l’actuelle équipe championne du monde, et sans lui, elle serait déjà à la porte de cet Euro 2008. On peut discuter Buffon question look (c’est quoi ce foulard noir autour du cou ?), déplorer depuis 2002 la disparition du traditionnel maillot gris des « portieri » de la "Squadra", mais on ne pourra jamais nier que ce gardien là est taillé pour se voir ériger une statue à l’entrée de tous les stades de la péninsule.


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  La comparaison est donc terrible (hélas) pour notre Coupet national. Que voilà un bon gardien français, certes ; qui a accompli une carrière honorable à Lyon, certes ; qui a patiemment attendu son heure, certes; qui est plutôt sympathique, certes ; mais que voilà un gardien qui n’a rien d’exceptionnel, certes.

  Hier, Coupet a montré sa limite face aux Pays-Bas. Absent sur le corner qui amène le premier but hollandais marqué par Kuyt (moi on m’a toujours expliqué qu’un gardien qui ne sort pas sur un corner tiré dans ses six mètres est une buse). Mauvais sur la reprise de volée qui amène le second de van Persie (raide comme un piquet, incapable de se baisser, bref, ridicule! -voir photo ci-contre). Grotesque, car placé comme un manche sur le but de Robben (j’y vais, j’y vais pas, je plonge en dépit du bon sens). Disparu sur le quatrième de Snedjer (le but eut été vide, c’était pareil)…


 Un naufrage. Disons le tout net : en dépit de sa belle carrière, Coupet a-t-il jamais été décisif like Buffon dans un match à très gros enjeu ? Réfléchissez bien avant de répondre, et songez à son étrange sortie, raide comme un piquet déjà, face à Rooney lors du match retour Manchester Utd-Lyon de cet hiver dernier… Et maintenant, soyons cruel jusqu’au bout : imaginez Buffon hier soir dans les buts de l’équipe de France… Et voilà, vous y êtes. C’est ça la différence entre un gardien exceptionnel et un gardien ordinaire.

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                                                     Photo:Coupet, l'homme qui ne plonge plus.

Croisé aux abords du Stade de Suisse, le Niçois David Hellebuyck est venu en Suisse pour encourager les Bleus. L’occasion de lui demander ce qu’il a pensé du match contre la Roumanie, et ce qu’il espère face aux Pays-Bas.

David, quand êtes-vous arrivé en Suisse ?
David Hellebuyck :
Aujourd’hui. Je suis juste venu voir ce match.

Hellebuyck.jpgQu’avez-vous pensé de la performance des Bleus contre la Roumanie ?
David Hellebuyck :
C’était un match particulier avec des Roumains qui sont restés derrière. Cela m’a un peu fait penser à l’équipe de Nice où j’évolue. Ce n’est jamais facile de jouer face à une équipe qui n’attend qu’une chose, c’est de vous mettre une contre-attaque.

Cela vous a-t-il étonné, ce manque d’ambition des Roumains ?
David Hellebuyck :
Non, car cela peut marcher sur un match. Et puis au pire, dans leur tête, ils pensaient prendre au moins un point alors pourquoi pas…

Après le match, beaucoup ont insisté sur le manque d’apport offensif des latéraux. Est-ce aussi votre point de vue ?
David Hellebuyck :
Je n’ai pas trop suivi les commentaires d’après-match, mais c’est sûr que face à une équipe regroupée derrière, il faut que les latéraux apportent le surnombre. Et puis il faut aussi des bons centres, ce qui a manqué je trouve contre les Roumains.

Pensez-vous que le jeu plus offensif des Néerlandais conviendra mieux aux Bleus ?
David Hellebuyck :
Je ne sais pas, mais je l’espère fortement (sourire). Pour le jeu, ce serait bien. Et puis pour nous aussi, spectateurs, j’aimerais bien voir des buts, du spectacle…

Ces Néerlandais vous ont-ils impressionné contre l’Italie ?
David Hellebuyck :
C’est vrai qu’ils ont été très bons, mais le contexte s’y prêtait avec des Italiens qui n’ont pas fermé le jeu comme d’habitude. Ce sera une autre histoire contre la France je pense…

A quelques heures de France-Pays-Bas, Jean-Pierre Paoli, le speaker officiel de l’équipe de France, commençait déjà son échauffement dans une enceinte vide. Gentiment, il a quand même accepté de nous accorder dix minutes. Rencontre avec un passionné.

Jean-Pierre, depuis combien de temps êtes-vous le speaker officiel de l’équipe de France ?
Jean-Pierre Paoli :
Cela doit faire entre 22 et 24 ans.

Comment l’êtes-vous devenu ?
Jean-Pierre Paoli :
A la base, je suis un musicien passionné de foot et à force de fréquenter des stades où il ne se passait rien, j’ai voulu faire quelque chose pour mettre de l’ambiance. J’ai alors eu l’opportunité de rencontrer Jean-Claude Darmon et Francis Borelli, qui était alors le président du PSG, pour leur faire part de mon envie d’animer la vie d’un stade. Ils m’ont fait confiance et c’est comme cela que tout a débuté, au Parc des Princes.

Avec le Paris SG donc…
Jean-Pierre Paoli :
Oui, tout à fait. Et comme le Parc des Princes était à l’époque le stade où évoluait aussi l’équipe de France, je me suis retrouvé à animer les rencontres des deux.

Euro 005.jpgEst-ce la première fois que vous suivez l’équipe de France hors de l’Hexagone ?
Jean-Pierre Paoli :
Oui, c’est la première fois. C’est l’UEFA qui m’a appelé en me disant qu’elle souhaitait que les speakers des équipes viennent. Apparemment, je suis l’un des rares qui exercent auprès d’une nation depuis longtemps, avec deux autres collègues qui sont l’un journaliste, l’autre comédien. Et cette initiative de l’UEFA, je la trouve fabuleuse pour nous.

Quel est votre quotidien en tant que speaker ?
Jean-Pierre Paoli :
Je suis un vrai passionné et je vais voir énormément de matches, qu’il s’agisse de CFA, de CFA 2… Evidemment, je travaille aussi tous les 15 jours au Parc pour les matches du PSG. Sans compter les petits tournois que j’ai la chance d’animer. Et puis je n’ai pas mis de côté ma carrière de musicien et j’ai un orchestre qui tourne toujours, souvent en rapport avec un évènement sportif.

Quelle relation entretenez-vous avec les supporters de l’équipe de France ?
Jean-Pierre Paoli :
Je les connais bien et il m’arrive souvent de les voir en dehors. C’est simple, dans le métier que je fais, c’est indispensable. Tant que je suis là, c’est que eux m’acceptent. Si un jour cela ne va plus, ce sera eux qui me vireront. Mais pour l’instant, tout va bien, quand je croise à différents endroits, ils me disent qu’ils aiment bien ce que je fais.

C’est une relation de confiance…
Jean-Pierre Paoli :
Exactement. Comme avec les joueurs en fait. Je suis très ami avec eux et jamais je ne les trahirai.

Le public français a la réputation d’être difficile à bouger. Est-ce votre sentiment aussi ?
Jean-Pierre Paoli :
Le public, contre la Roumanie, était à l’image de l’équipe : apathique. Mais ce n’est pas le cas habituellement. Généralement, le public français aime faire la ola par exemple. Peut-être ont-ils été surpris ou déçu par le match de l’équipe de France, je ne sais pas… Mais je ne les ai pas trouvés comme d’habitude. Maintenant, il ne faut pas oublier que venir ici n’est pas donné à tout le monde et que l’on a peut-être perdu une partie des plus turbulents en route, faute de moyens, ce qui est dommage.

"Ouh la la ! Quel stress à cause du match des Bleus ! Sincèrement, je suis angoissée avant cette rencontre. Il faut absolument que l’équipe de France sorte un gros match contre la Hollande. On ne doit pas attendre le rendez-vous avec l’Italie pour se sortir de la zone rouge. Voilà ce qui me stresse ! Il faut qu’ils soient solidaires. Moi, j’attends qu’ils fassent leur truc à eux. En respectant les consignes de Domenech, ils peuvent monter en puissance. On attend tous qu’ils soient plus offensifs, qu’ils se créent des occasions et marquent des buts ! En même temps, j’ai confiance dans les joueurs. Ils peuvent le faire. Ils ont déjà prouvé qu’ils étaient capables de se sortir des situations difficiles. Contre la Roumanie, ils étaient un peu bloqués. Ca va être un match très tactique contre les Pays Bas. Ils devront faire très peu d’erreurs. Je pense qu’une victoire va les libérer. On doit tous être derrière eux ! Y croire pour les aider à être forts, ce soir. Allez, on est avec vous !"
Stade 003.jpgLe métier de journaliste offre parfois des moments d’un savoureux et d’une cocasserie rare. Il en a été ainsi jeudi en fin d’après-midi, dans le stade de Suisse à Berne. Après la conférence de presse de Willy Sagnol (l’invité surprise) et le one-man show de l’inénarrable Raymond Domenech (que l’on aime ou pas, il n’y a rien à redire, Raymond est au sommet de sa forme humoristique en Suisse), était programmé un entraînement des Bleus ouvert aux médias 15 minutes, puis ensuite à huis-clos. Soit l’occasion pour nous, journaleux, de les voir s’échauffer avant de plier bagages. Intérêt proche de zéro donc. Mais alors que certains de mes collègues se demandaient déjà derrière quel siège ils allaient pouvoir se planquer pour espérer assister à la mise en place tactique des Bleus, quel ne fut pas notre surprise de voir que depuis la salle de presse, sans bouger, nous avions une vue quasi-totale du terrain. Et quel instant magnifiquement drôle que celui de l’arrivée de l’attaché de presse des Bleus dans cette même salle pour s’installer aux côtés des journalistes dans la bonne humeur. Difficile de faire mieux dans le genre huis-clos. Résultat, de mise en place tactique, il n’y eut point et les Tricolores ont dû se contenter de petits jeux avec ballon. Pour le 11 de départ, il faudra donc patienter ce vendredi soir, sur les coups de 19h45…

  Et voilà! Y'en a plus que pour le Portugal! Ronaldo par-ci, Ronaldo par là, et le beau jeu que voilà, et les belles actions que voici, et Deco qu'il est bon, et Deco qu'il est beau, et Carvalho quel mur, et Carvalho quel rempart et que le voilà le favori de l'Euro...

 

 

Ricardo.jpg  Moi, je me contente d'observer Ricardo, le gardien portugais. Hier contre les Tchèques, alors que le score était encore de deux à un pour les Portugais, il nous a offert une très belle sortie aérienne sur corner qui devrait lui ouvrir les portes de l'Opéra de Paris en manque de danseurs étoiles depuis la retraite de Patrick Dupont. Je le dis tout net, il est impossible de remporter aujourd'hui une compétition comme l'Euro sans un gardien de but digne de ce nom. Ronaldo, Deco, Nuno Gomes, Quaresma et cie pourront accumuler les exploits techniques et les buts, on ne m'enlèvera pas de l'idée qu'ils seront toujours à la merci d'une bourde de Ricardo, bourde qui les condamnera tôt ou tard.

 

 

 

brazil-1982.jpgTiens, souvenez-vous de la belle équipe du Brésil 1982, celle de Socratès, Zico, Eder, Falcao et cie... Son gardien Valdir Perez présentait les mêmes qualités que Ricardo aujourd'hui. Résultat: un but gag encaissé contre l'URSS, et pas un arrêt déterminant de toute la Coupe du monde espagnole, bref, le contraire d'un Buffon 2006 ou un Barthez 2000...

 La conclusion s'impose d'elle même: ce Portugal là ne sera pas Champion d'Europe. Il rejoindra le Brésil 82, la France 82 (ah! les bourdes d'Ettori!), les Pays-Bas 74 (Ah! la souplesse de Jongbloed!) et quelques autres au Panthéon glorieux des équipes qui auraient du, mais qu'on pas pu, faute de gardien de but.

Ronaldo.jpgD’abord, que les choses soient claires : je n’ai jamais été un grand fan de l’équipe portugaise, qui m’énervait souvent par son côté truqueur. Symbole de ce jugement, Cristiano Ronaldo. Sauf que voilà, le plongeur récidiviste qu’il fut (et qu’il est encore par moments, comme on a pu le voir contre les Tchèques) s’est mué en formidable joueur de football. Certes, il est encore un peu trop individualiste à mon goût. Mais tout de même, il est symptomatique de le voir offrir le dernier but à Quaresma et d’y prendre visiblement un grand plaisir. Comme toute cette équipe lusitanienne d’ailleurs. En France, on critique beaucoup Gallas et Thuram pour le fait qu’ils ne montent pas apporter le danger devant en créant le surnombre (consignes ou pas, c’est un autre débat). Eh bien alors regardez Pepe et Ricardo Carvalho. Le but du premier contre la Turquie est digne d’éloge. Et je continue le tour des individualités portugaises avec Bosingwa, un latéral dont tout le monde se moquait en voyant le prix que mettait Chelsea pour le faire venir. Peut-être certains vont-ils bientôt devoir réviser leur jugement…

Nuno Gomes, que l’on croyait perdu pour le football, réussit un début d’Euro superbe, qu’un brin plus de réussite contre la Turquie (un poteau et une transversale pour rappel) aurait pu rendre somptueux. Le petit Moutinho, que personne ne connaissait, n’en finit plus de séduire. Petit, l’homme de l’ombre, accomplit un boulot considérable. Et puis quel superlatif employé au sujet de Deco. Invisible cette saison avec Barcelone, le Brésilien de naissance m’a subjugué contre les Tchèques. Cet homme a-t-il seulement perdu un ballon durant le match ? Ah si, un, ça y est je me souviens… Mais pour le reste, il joue juste, accélère quand il faut, temporise quand il faut, a le sens de la passe en profondeur… Je vais m’arrêter là. Donc pour moi, le Portugal fait figure désormais de favori numéro 1 de cet Euro. A un bémol près : les hommes de Scolari auront tout intérêt à se méfier d’un possible excès de confiance. Car on l’a vu contre les Tchèques quand ils ont mené 1-0, ils ont donné l’impression de se voir déjà en quarts. Et le péché d’orgueil, dans une compétition telle que celle-ci, cela ne pardonne pas généralement…

Les choses sont bien faites quand même. Ce mercredi, seul Raymond Domenech était de corvée devant les médias. Un régal pour le sélectionneur, tant il aime se retrouver devant une assistance pressante, qui n’avait de toute façon que ça à se mettre sous la dent. Car la pression monte doucement mais sûrement sur les Bleus. D’aucuns avaient pointé du doigt le confort dans lequel étaient installés les Bleus depuis leur arrivée en Suisse. Tranquillement enfermés dans leur bunker, sûrs de leur force, même pas tancés par la presse, tout roulait. Et puis patatras ! Le 0-0 affreux de lundi a réveillé les consciences. Celles des journalistes en tous cas. Car Raymond, lui, ne s’en fait pas. «Si ne pas perdre devient intéressant, il faut savoir jouer comme cela.» Tranquille le Raymond, je vous dis. Ce jeudi donc, Raymond était serein, blagueur même avec les confrères italiens, comme si de rien n’était. Car Raymond le sait. Tout se jouera contre l’Italie. Enfin, c’est lui qui le dit. Dans un scénario qu’il semble avoir écrit depuis le tirage au sort, Raymond attend quasiment avec délectation le 17 juin prochain, jour de l’affrontement entre «voisins-ennemis» alpins. On parierait presqu’une chose : que Raymond connaît déjà sa causerie d’avant match. On mettrait même un billet sur le fait que Raymond connaîtrait sa plus belle jubilation d’entraîneur s’il parvenait à renvoyer la bande à Materazzi à la maison dès le premier tour. On se prend à rêver, déjà, au lendemain de victoire, avec assurément quelques bons mots distillés à l’attention des champions du monde. Oui, mais voilà, nous ne sommes pas tous des Raymond en puissance. Avant cela, il y a les Oranje du mythe Van Basten qui se dressent sur «la route droite mais dont la pente est forte», comme disait un modeste rugbyman devenu premier ministre. Et si les choses tournent mal et que les Italiens pointent devant nous au classement avant la dernière journée, alors là, pas sûr que Raymond ait vu juste. En attendant, je vous le dis, il est tranquille Raymond.



Sagnol.jpgRaymond Domenech a admis (enfin diront certains) avoir «quatre hésitations» quant à la composition d’équipe contre les Pays-Bas. Si l’on prend en considération les éventuels retours de Vieira et Henry, il resterait donc deux postes en balance. Et parmi ceux-là, on mettrait volontiers une petite pièce sur ceux des latéraux, particulièrement décevants contre la Roumanie. Premier sur le banc des accusés, Monsieur Willy Sagnol. Malheureusement, ce n’est pas une surprise pour un joueur excellent d’ordinaire, mais qui paie une saison noire au Bayern. Ainsi, sa qualité de centres semble s’être envolé au rythme de ses blessures et sa vitesse, déjà pas son point fort par le passé, ne manque pas d’inquiéter. Et si l’on était encore plus mauvaise langue, on dirait que son plus bel atout aujourd’hui est d’avoir comme remplaçant naturel… François Clerc. Ne nous demandez pas où se trouve Bakary Sagna, on se le demande encore…

La gauche, elle, ne se porte guère mieux. Mais le problème est différent car cette fois, le remplaçant d’un Eric Abidal dépassé est tout trouvé et se nomme Patrice Evra. Excellent tout au long de la saison avec une petite équipe de quartier du nom de Manchester United, l’ancien Monégasque doit trépigner d’impatience sur le banc. D’autant plus que le Barcelonais n’apporte rien sur le plan offensif, alors qu’il s’agit justement du point fort du Red Devil. Maintenant, Raymond Domenech osera-t-il ce double changement ? Cela apparaît hautement improbable. D’abord car il est toujours délicat de changer une équipe qui ne prend pas de but. Ensuite car ces deux joueurs ont une expérience des grands matches autrement plus importante. Deux arguments qui, pour ma part, ne me convainquent qu’à moitié. Mais le sélectionneur aura peut-être (et j’insiste sur le peut-être de l’espoir) ses raisons (collectives) que la raison ignore…

Bernard Lama et Lucie Décosse, deux membres de la Blog Team de Sport24 ont réagi sur le premier match des Bleus contre la Roumanie et ont évoqué la prochaine rencontre capitale contre les Pays-Bas.

Bernard Lama-Lucie Décosse, le débat - Sport24
Bernard Lama-Lucie Décosse, le débat - Sport24

  J'ai un faible pour les gardiens de but. Ancien de la corporation moi-même (à un niveau moindre que Bernard Lama, je l'avoue, mon dernier club, l'Etoile Rouge de Paris, fondé par les anciens de l'équipe 2 de Sciences-po promo 1986-87 m'a licencié en 1992 et depuis j'ai raccroché les crampons), j'adore les compétitions comme l'Euro ou la Coupe du monde qui permettent de faire un état des lieux de la profession. Et avec cet Euro 2008, je suis gâté. Cech, Casillas, Buffon, Van der Sar, Coupet, Lehmann, les meilleurs d'entre nous sont présents.

gigi Buffon.jpg

  Gardien de but, c'est un poste épouvantable, on ne le dit jamais assez. Tenez demandez à Buffon, le portiere de la squadra. Après la déroute d'hier face au Pays-bas, il s'est senti obligé de présenter des excuses au peuple italien pour lers trois buts encaissés, comme s'il était le seul coupable. Honnêtement, c'est bien gentil de sa part, vu que sans lui et deux sauvetages impressionnants, l'humiliation aurait pu être totale. Mais bon, il est gentil Buffon, il connait la loi du poste, il n'y est pour rien, mais c'est lui qui encaisse les buts, donc, c'est lui qui s'excuse.

  Evidemment, tous ne sont pas comme Buffon. On imagine pas Lehmann ou Van der Sar se livrer à une séance d'autocritique publique, comme dirait Thierry Roland, "ça n'est pas le genre de la maison".Le Néerlandais n'est pas très sympathique et l'Allemand prend un malin plaisir à se faire détester. Il faut le voir sur les corners s'échiner à essuyer ses crampons aiguisés sur les mollets des avants adverses, le tout sans jamais se faire repérer par les arbitres. Lehmann fait partie de ses gardiens qu'on adore détester, dans la grande tradition des gardiens allemands. Quand j'étais enfant, je ne supportais pas le portier du Bayern et de l'équipe de RFA, Sepp Maier. Mais cela ne m'empêchait d'être fasciné. D'abord Maier avait un look précuseur. Il été le premier à opter pour le short long, on disait même "bermuda" à l'époque, il portait des gants qui transformaient ses mains en battoire et il avait toujours de la chance. Contre les Hollandais en finale de la Coupe du monde 1974, contre Saint-Etienne en finale de la Coupe d'Europe des clubs champions en 1976 (les poteaux carrés tout ça, c'est lui...). Maier était un cauchemar pour tous les attaquants de l'époque. Lehmann lui ressemble un peu, en plus costaud évidemment, et en pire question fair play. Du coup, je retrouve mes vieilles sensations d'enfant, Lehmann m'exaspère autant qu'il me fascine. Et cette façon qu'il a d'injurier ses défenseurs en permanence, y compris quand il vient de commettre une bourde monumentale, vraiment, il faut oser.

Patrick REVELLI et Sepp MAIER - Bayern Munich  St Etienne -.jpg

  Bref tout ça pour vous dire que l'équipe qui gagnera cet Euro sera sans aucun doute dotée d'un gardien de but non seulement de haut niveau mais aussi fort d'une personnalité affirmée, du genre qui intimide l'adversaire. Cela condamne la Turquie et quelques autres, Autriche, Croatie, Turquie et le Portugal, parce que franchement Ricardo, ça ne le fait pas, mais cela laisse encore toutes ses chances à la Grèce par exemple, ou la Pologne dont l'ultime rempart Boruc est un merveilleux joueur.

 Et pour finir cette citation du grand entraîneur disparu Ernst Happel, qui a donné son nom au stade où se jouera la finale de cet Euro 2008. Il coachait Hambourg et à la fin d'un match où son dernier rempart Uli Stein avait été sauvé à six reprises par ses montants au cours d'une incroyable rencontre, il eut ce mot savoureux: "C'est un grand gardien, il sait aussi se servir de ses poteaux..."


Olala la déception ! Dire qu’on attendait ce match depuis plusieurs semaines pour savoir enfin où en était l’équipe de France. Eh bah voilà on sait, elle n’est pas très haut. En tous cas, pendant 90 minutes contre des Roumains qui n’ont pas compris que pour gagner un match, il faut marquer un but de plus que l’adversaire, les Bleus ont pataugé. Pourtant, la flaque n’était pas si profonde. On nous avait rabâchés depuis six jours que «Attention, ils sont costauds… Attention, ils n’ont pas pris de but contre les Néerlandais... Attention à Mutu… (quasiment) Attention à la couleur de leur maillot…», bref, on n’en avait oublié qu’il ne s’agissait que de la Roumanie et pas non plus du Brésil de Pelé.

Raymond - Gomis.jpgMais surtout, ce qui a frappé dans ce match, c’est l’incapacité des Bleus à trouver une réelle solution pour venir taquiner Lobont. Par les côtés ? Vu le match catastrophique de Sagnol et Abidal de ce point de vue là, il ne fallait pas y compter. Par l’audace de Benzema ? Cela n’a pas été le cas. Par le génie de Ribéry ? Avec trois Roumains en permanence sur le dos à chaque fois qu’il touchait le ballon, difficile de lui en vouloir. Par la fraîcheur de Gomis enfin ? Raté, tant la panthère a démontré l’espace de 18 minutes que le haut niveau international ne s’acquiert pas d’un coup de baguette magique. Il est probablement aisé pour le Stéphanois de transpercer la défense de Metz ou celle de l’Equateur. Il en est tout autre dans un Euro, où le moindre contrôle du tibia, la moindre passe ratée à 5 mètres, se paye cash. C’est là qu’on peut se demander si Raymond n’a pas commis un impair dans sa liste. Pas sûr de toute façon que Gomis ait le temps de démontrer qu’il peut mieux faire, car avec le retour annoncé de Titi Henry, les choses vont changer !

"C’est toujours difficile d’entrer dans une grande compétition. Un premier match n’est pas match comme un autre. C’est vrai pour les Championnats d’Europe et les Coupes du monde. Et je crois que c’est encore plus dur cette année pour l’équipe de France, compte tenu de la qualité de l’Euro 2008. Les Bleus ont un premier tour très difficile, puisqu’ils sont dans le « groupe de la mort », avec la Roumanie, les Pays Bas et l’Italie, trois équipes fortes. De leurs trois matches à jouer, le plus difficile est le premier, contre les Roumains. D’abord, parce que ce n’est simple pour personne de dépasser l’anxiété liée à l’événement. Les joueurs de l’équipe de France, nouveaux et anciens, vivent aujourd’hui dans le doute. Quand tu es jeune, tu es avide de découverte mais tu sautes un peu dans le vide. Quand tu as de l’expérience, tu te reposes sur tes habitudes et tes repères. Mais, même comme ça, il existe toujours une part d’inconnue… Pour le moment, il n’y a que des doutes, c’est le plus difficile à gérer. Des doutes maîtrisés, grâce au travail effectué à l’entraînement et en matches de préparation, mais des doutes quand même. Ensuite, parce qu’il y a un adversaire qui est de qualité : la Roumanie. Une équipe ambitieuse. La première à se dresser sur le chemin de la France. Il y en aura d’autres… Moins de deux heures avant le match, chaque joueur de l’équipe est déjà dans son match, dans sa concentration. C’est l’heure des derniers réglages avec soi même. Pour moi, qui rentre de Nouméa et du Japon avec du décalage horaire plein les yeux, je me prépare à un premier match dans une ambiance « exotique » à Zurich !"

"En Afrique du Sud, on a 7-8 chaînes de sport. Il y a pas de mal de cricket, de rugby mais tous les matches de foot sont diffusés. Comme c'est le même fuseau horaire que la France, c'est parfait pour moi, je serai bien devant ma télé à encourager l'équipe de France. Il faut que je prenne mon maillot pour faire le supporter"

Michalak : Où je vais regarder l'Euro... - Sport24
Michalak : Où je vais regarder l'Euro... - Sport24

Quelle bonne surprise de croiser dans les coursives du stade de Zurich, pendant que les Bleus débutaient leur entraînement, un certain Vladimir Smicer ! L’occasion idéale pour poser cinq questions à l’ancien Bordelais.

Vladimir, peut-on savoir pour quelle raison vous êtes ici, à Zurich ?
Vladimir Smicer :
La télévision tchèque m’a demandé d’être son expert pour cet Euro et j’ai dit d’accord, pourquoi pas.

Et alors quel est votre avis d’expert sur cette équipe de France ?
Vladimir Smicer :
Je pense que votre équipe est toujours l’une des plus fortes. Vous êtes tombés dans un groupe très difficile cependant, et il sera très intéressant de regarder comment vous allez vous en sortir.

Smicer.jpgQuelle importance accordez-vous aux possibles absences de Patrick Vieira et Thierry Henry contre la Roumanie ?
Vladimir Smicer :
Ce sont deux grands joueurs, avec beaucoup d’expérience, ce qui est très important au moment d’aborder une compétition comme un Euro. Vieira et Henry sont deux leaders au sein de l’équipe de France et ce n’est jamais bon de devoir se passer de leaders avant le premier match. Maintenant, s’ils ne peuvent pas jouer, d’autres au sein de l’équipe peuvent saisir l’occasion de montrer ce qu’ils savent faire.

Que pensez-vous du potentiel offensif de cette équipe ? Est-ce la meilleure pour vous en Europe ?
Vladimir Smicer :
Je n’aime pas trop le jeu des comparaisons. Le Portugal aussi a des joueurs offensifs très forts, les Pays-Bas sont pas mal non plus dans le genre… Mais votre force, c’est la profondeur du banc. Surtout si comme en 2006 vous n’en alignez qu’un en pointe, ce qui laisse du beau monde sur le banc (sourire).

Un petit mot sur la République tchèque qui a gagné son premier match. Cette équipe vous a-t-elle séduite ?
Vladimir Smicer :
Pas vraiment. On n’a pas fait un gros match et on a eu beaucoup de chance. On sait que l’on est capable de jouer largement mieux et j’espère que notre niveau va monter. Car sur ce que j’ai vu contre la Suisse, franchement, la suite pourrait être délicate.

Comme le chantait (presque) Jean-Louis Aubert, voilà, c’est parti ! Après plusieurs jours d’attente dans la grisaille de la Suisse et du Lac Léman, le coup d’envoi de la compétition a été donné samedi. Que retenir donc de la première journée de compétition ? D’abord, que comme prévu, la République tchèque (largement ballotée mais diablement efficace) et le Portugal sont les deux favoris du groupe A, encore plus après leur victoire inaugurale. Que l’on n’a pas dû attendre bien longtemps pour voir la première erreur d’arbitrage, c’était lors de Suisse-République tchèque, avec un pénalty non sifflé en faveur des Helvètes pour une faute de main pourtant évidente dans la surface. On retiendra aussi que le beau temps commence à poindre le bout de son nez, ce n’est pas négligeable. On notera surtout que ça y est, enfin, la fête a débuté. Grâce aux Suisses ?

En partie, il faut le reconnaître. Les joyeux supporters de la Nati, peu habitués à ce genre de démonstration, ont mis de la bonne volonté pour se mettre au niveau des Tchèques, peu nombreux mais tout aussi bruyants, même si cela n’a rien de comparable avec les Portugais ou les Turques, qui doivent avoir ça dans les gènes. Place désormais aux matches de ce dimanche. L’Allemagne et la Croatie, tous deux en tête des pronostics du groupe B, devraient connaître la même trajectoire que Deco, Koller et consorts.

Mais surtout, on se prépare déjà du côté de Zurich pour le premier match des Bleus, lundi contre la Roumanie. Après un petit tour de train ce dimanche pour rejoindre les bords du… Zurichsee, le lac local, les Bleus vont découvrir le Letzigrund ce soir. Côté tactique, on peut miser sur un bon 4-4-2 à plat des familles. Raymond ne devrait pas prendre de risques pour ce match déjà décisif, et on l’en remercie d’avance. Reste à savoir qui sera aligné pour pousser le ballon au fond des buts ! Mettons une pièce sur Nicolas Anelka (comme le souhaitait Lucie), puisque Titi Henry ne s’est pas entraîné normalement cette semaine. Mais on en saura plus sous peu, tout comme pour la blessure et l'éventuel forfait de Pat' Vieira. Réponse lundi sur les coups de 17h00…


Turquie.jpgSurprise à Genève ! Alors qu’en arrivant en Suisse il y avait de quoi être étonné du nombre de drapeaux portugais flottant aux balcons des immeubles de la cité helvétique, et plus encore près de Lausanne, les Lusitaniens n’ont guère l’avantage en nombre dans le stade genevois. Pire pour eux, ils sont même dominés par le coffre turc, chantant d’une même voix. Tous de rouge vêtus, les supporters d’Emre et consorts n’ont pas manqué non plus l’occasion de siffler copieusement Cristiano Ronaldo dès que celui-ci a fait son apparition sur la pelouse. Des sifflets en forme de crainte toutefois, comme l’expliquait Servet, jeune Turc immigré en Suisse, croisé dans le bus reliant le parking au stade : «On sait tous que cette équipe portugaise ne vaut que par Ronaldo. Si l’on parvient à l’isoler sur son côté, franchement, après le Portugal ne vaut plus rien.» Une opinion qui n’engage que lui. Toujours est-il que l’ambiance, elle, montait d’un cran au moment de l’entrée des deux équipes sur le terrain. Mais en bonne intelligence, puisque globalement aucun des deux hymnes n’était sifflé par l’autre camp. Des hymnes dont les paroles défilaient sous forme de karaoké sur les écrans du stade, amusante initiative des organisateurs. Et enfin au complet, le côté portugais se réveillait et montait en gamme. Le match pouvait débuter…
RTX6K27.jpgCertes, la pluie ne m’a pas lâché depuis le passage de la frontière mercredi dernier. Certes, les autoroutes helvétiques sont truffés de radars à en faire pâlir d’envie un certain président de la république française, spécialement à la sortie de Genève. Mais malgré ces petits impairs, et ce petit imper indispensable, la Suisse ne manque pas de charme. En particulier d’un point de vue culinaire. Ainsi, ce vendredi, alors que j’arrivais dans l’immense tente dressée aux abords de Châtel Saint-Denis faisant office de centre de presse, une charmante dame me convia à une fondue géante. N’écoutant que mon courage de journaliste, et une fois bien sûr mon travail accompli (l’internaute avant mon estomac, cela va de soit), je me rendis donc à Chardonne, un charmant petit village sis non loin de l’hôtel des Bleus, pour goûter à une spécialité locale : la fameuse fondue fribourgeoise. Après un bref cours sur les fromages et une explication de texte sur l’erreur typiquement française qui consiste à confondre gruyère et emmental, j’eus le plaisir de tremper mon pain dans le fromage fondant. Comme une fondue savoyarde en fait, mais en moins liquide. Un vrai bonheur, et un gros regret…

Que j’aurais apprécié en effet en avoir à disposition la veille, sur les coups de 17h30, lors de l’entraînement des Bleus disputé sous un crachin guère amical et un froid digne de la fin du mois d’octobre. Mais bon, on ne peut pas toujours tout avoir. Et puis lorsqu’on voit la ferveur du public local venu en nombre suivre ce qui n’était qu’une petite mise en route sur le sol suisse, il y a de quoi relativiser. Et être aussi un brin admiratif. D’ailleurs, les Suisses commencent lentement mais sûrement à entrer dans «leur» Euro. A la radio, les émissions spéciales se succèdent avec toutes les informations nécessaires. Notamment la principale : comment se garer aux abords du stade, ce qui ne semble guère évident ? Les supporters étrangers, eux, commencent à affluer. Ainsi, une vingtaine de charters en provenance du Portugal doit se poser d’ici demain et au moins autant de cars tchèques ont fait leur apparition. Soit autant d’heureux qui pourront apprécier la gastronomie et le sens de l’accueil suisse. Sans oublier le savoureux accent et ces mots de vocabulaire si amusants : un cornet pour un sac en plastique, se parquer pour se garer… Que du bonheur, je vous le dis !
"En fait, la vie des Bleus dans leur hôtel, en Suisse, doit ressembler à la nôtre, quand on est en stage avec l’équipe de France de judo. Je pense que leurs journées sont organisées de la même façon. Nous, les filles du judo, on se lève le matin pour une bonne collation, et puis on enchaîne : entrainement, repas, sieste et de nouveau entrainement. Le soir, on reste un peu à table à rigoler. Et puis on tente de s’occuper avant d’aller dormir.
Il doit bien y avoir un billard, des jeux vidéos, une table de poker… Cela dit, le poker, c’est un truc à finir super tard… A un moment, les entraîneurs de l’équipe de France de judo voulaient interdire le poker. S’ils jouent à la console, c’est pareil. Faut faire attention à l’heure… Après, chacun a ses contraintes. Eux ont les conférences de presse quotidiennes. Moi, par exemple, j’ai toujours du poids à perdre. Tous les jours qui précèdent une compétition, ma journée est calculée par rapport à ça. Finalement, ils doivent avoir beaucoup plus de temps pour eux !

Oublions le match contre la Colombie… Pfff… J’étais déçue. Mais, bon, ce n’était pas l’Euro. Même en amical, gagner sur un penalty, c’est trop facile. Je pensais que les Colombiens allaient craquer physiquement. Vu leurs efforts, je me suis dit : « Ils ne pourront pas tenir le rythme tout le match ». Mais non, ils n’ont rien lâché. Les Français ont eu des occasions, mais ils ne marquent plus. Ce n’était pas terrible...

Puisque je peux écrire ce que je veux, je trouve qu’Anelka ne joue pas assez. Il a trop peu de temps de jeu. Impossible de s’exprimer. On voit bien qu’il est en dedans quand il rentre en cours de match. J’espère que ça va changer pendant l’Euro…
Au fait, savez-vous pourquoi les Bleus jouent à 18h00, lundi ? Ah oui, il y a Italie-Pays Bas, à 20h45, l’affiche du groupe. Comme je suis en training camp à l’INSEP la semaine prochaine, je vais rater le match des Bleus. Mais je regarder les Néerlandais et les Italiens, puis je vous donnerai mon avis mardi. Bon Euro à vous !"
RTX6I8M.jpgSacrés Autrichiens ! Considérée par beaucoup comme la sélection la plus faible de cet Euro sur le papier, l’Autriche a trouvé un bon moyen de faire rêver ses supporters : la fiction. Ainsi, ce vendredi soir, la chaîne nationale ORF1 diffusera un court-métrage s’intitulant Le miracle de Vienne. Son scénario ? Expliquer comment Roland Linz et ses partenaires ont réalisé l’une des plus grandes surprises de l’histoire du football moderne en devenant champions d’Europe chez eux. Mélange d’images fictives et d’interviews réelles, ce film voit défiler des personnalités telles que Franz Beckenbauer, Otto Rehhagel ou encore Giovanni Trapattoni, qui ont tous accepté de se prêter au jeu. Plus étonnant, même le sélectionneur de la Wunderteam, Josef Hickersberger, explique, avec un talent d’acteur certain, à partir de quand il s’est mis à croire en cet impossible exploit.

L’exploit, justement, se déroule en plusieurs étapes. Tout d’abord, l’Autriche termine première de son groupe et affronte la Suisse en quarts de finale. Un duel de pays hôtes qui tourne au pugilat, avec la bagatelle de 3 cartons rouges et 11 biscottes distribuées. Une boucherie qui tourne à l’avantage des Autrichiens. En demies, la Wunderteam s’offre ni plus ni moins que l’Allemagne, avant d’être sacré le 29 juin à Vienne contre les Pays-Bas. Un beau scénario, censé exhorter le public autrichien à soutenir les siens, ce qui n’est pas vraiment le cas pour l’instant. En effet, les Autrichiens croisés ici ou là ne semblent guère croire à ce «miracle de Vienne». Pour eux, une présence en quarts de finale serait déjà considérée comme une belle performance. Maintenant, comme chacun sait, il ne fait jamais de mal de rêver un peu…

A quoi jouent donc cinq internationaux français qui préparent l’Euro 2008 en Suisse et en Autriche ? Sûrement à quelques jeux sur les dernières consoles tendances, probablement à quelques jeux de cartes, vu la folie poker qui règne actuellement. En tous cas, en fin d’entraînement, cinq d’entre eux s’amusent à «picheneter» les oreilles de leurs camarades de jeu perdant. Ce jeudi, Patrick Vieira, Mathieu Flamini, William Gallas, Patrice Evra et Claude Makelele ont donc joué. Et c’est l’aîné de ceux-là qui a perdu le défi proposé. Mais où est donc passé le respect des anciens ? Parti de l’autre côté du terrain pour s’éviter une punition auditive, Makelele n’a pu échapper à la sanction avant de rentrer aux vestiaires. Heureusement, on est loin d’un claquage du lobe droit. On en est plus à une déchirure des abdos tant ces champions redeviennent des gamins le temps d’un petit jeu de ballon. Et voilà comment ce soir, Claude Makelele a les oreilles qui sifflent. Mais demain, assurément, la primauté de l’âge reprendra ses droits.

RTX6IR9.jpg L’attente aura été longue, voire même interminable. Mais enfin, après un stage à Tignes et trois matches amicaux de plus ou moins bonne tenue, les Bleus sont en Suisse… et moi de même. Une arrivée qui marque vraiment le début de l’Euro, surtout qu’il ne faut guère attendre longtemps pour humer le parfum de la grande compétition à venir. Dès le passage de la frontière, et l’entrée dans Genève, le ton est donné : les drapeaux sont de sortie sur les balcons et égaient la façade des immeubles. Grand vainqueur au box-office des étendards nationaux, la Suisse, bien sûr, mais aussi, de manière plus surprenante, le Portugal. Cristiano Ronaldo et toute sa clique pourront ainsi compter sur un fort contingent de fans samedi, quand il s’agira pour eux de lancer leur Euro face à la Turquie dans un stade de Genève déjà au garde-à-vous et accessoirement acquis à leur cause. Ou presque, puisque la Turquie, toujours dans ce petit jeu du hit-parade des drapeaux, n’est pas loin de pouvoir briguer la dernière marche du podium, détenue cependant par l’Italie. Et la France dans tout ça me demanderez-vous ?

Eh bien il faut reconnaître qu’à Genève, nos Bleus ne font guère recette. Il faut attendre en fait de découvrir cette bonne ville de Vevey, sur les bords du Lac Léman, pour voir du bleu-blanc-rouge au balcon. Mieux, lors de la montée vers Châtel Saint-Denis, certains font preuve d’esprit avec le déploiement dans leur jardin d’une banderole : «Vas-y Ribéry, beau gosse !» Pas sûr que le Munichois l’ait aperçu en soirée, quand le car tricolore a rejoint son camp de base, à l’hôtel Mirador Kempisky, dans un relatif anonymat. Mais où est donc passée la fraternité franco-suisse ? Envolée au détriment de celle lusitano-helvétique ? Pas impossible puisque décidément, même en savourant dans un restaurant une glace copieusement arrosée d’eau de vie (l’esprit montagnard sans aucun doute), on ne peut s’empêcher de tomber nez à nez avec… une écharpe à la gloire des Portugais. Tant pis, cela n’empêchera pas les Français de les battre en finale, du moins espérons-le… Enfin, pour achever le récit détaillé de cette première journée bien remplie, sachez que la Suisse ne mégote pas sur la sécurité. En effet, même dans notre hôtel situé dans les hauteurs de Vevey, la police traque les hooligans et demande aux hôteliers de faire remplir à leur client une feuille de renseignements. Dès fois que certains inscrivent dans la case profession : «fauteur de trouble professionnel ».

"Dois-je l’avouer ? Je me suis endormie pendant le match contre la Colombie... C’est moche, hein, quand on se dit supportrice des Bleus ! C’est pourtant la vérité...

J’ai essayé de comprendre pourquoi quand j'ai rouvert les yeux. Et j’hésite encore sur la cause : le spectacle très moyen offert par les deux équipes ou bien la fatigue du soir après une bonne journée d’entraînement ? C’est un peu dur de se décider… Vous en pensez quoi, vous ?

Sagnol-Henry-Makelele.jpg

Avant de plonger dans les bras de Morphée, j’ai quand même réussi à m'aperçevoir que l’équipe de France était en manque de réussite offensive. L’envie de marquer existe, ça se sent dans les attitudes et les regards, dans l’envie de bien faire des attaquants. Benzema est motivé, ça ne fait pas de doute. Pourtant, il n’y a pas la concrétisation, le réalisme.

J’ai confiance : quand l’Euro va commencer, je crois que ça peut changer. Et je me féliciterai alors des buts inscrits par les uns et les autres. Mieux vaut ne pas marquer en amical et être au top pendant la compétition. Quitte à faire piquer du nez les supporters. Le plus doux est passé pour les endormis. Allez, debout maintenant !"



Franck Ribéry.jpgSi l’objectif du match contre la Colombie était de se rassurer, c’est en partie réussi. En partie seulement. Car si victoire il y a bien eu (1-0), cela ne fut pas simple. Un petit penalty… Et puis c’est tout. Ce ne sont pourtant pas les occasions qui ont manqué. Oui, mais voilà «on est encore en phase de préparation» n’ont cessé de rappeler sélectionneur et joueurs dans les sous-sols du Stade de France mardi soir. OK. Admettons donc que Benzema et Henry (pour ne citer qu’eux) n’aient pas préféré marquer sur ce match, et réservé leur munitions pour la Roumanie… Mais le fait de ne pas marquer dans le jeu n’est pas le seul motif d’inquiétude (certes légère). On n’a en effet pas vraiment vu un Abidal au point lors des 45 premières minutes. On n’a pas plus vu un Toulalan impérial, faire «du Toulalan» et donc ratisser tout et n’importe quoi devant lui. A sa décharge, Raymond l’innovateur l’a gentiment fait jouer à un poste qui n’est pas le sien. Histoire de le tester en possible remplaçant définitif de Vieira ? Histoire de s’assurer que Lassana Diarra est plus à même de démontrer qu’il est meilleur ? Pas évident de savoir ! Seule certitude de ce match, il faudra penser à poser un cierge quelque part entre Notre Dame de la Garde et La Frauenkirche (à Munich) pour que surtout il n’arrive rien à Ribéry dans le mois qui arrive. Car le numéro 22 des Bleus est bien un phénomène. Indispensable dans le rythme du jeu, spontané dans ses prises de décisions, créateur insaisissable… La Ribéry-mania qui a sévi en Allemagne tout au long de la saison devrait trouver son prolongement naturel en Suisse et en Autriche… Avec la conclusion que l’on souhaite tous.

"Désolé de ce post tardif mais j’ai été pas mal occupé la semaine dernière. J’ai d’abord fait 26 heures d’avion pour me rendre en Nouvelle-Calédonie au jubilé de mon ami Christian Karembeu, avec l’équipe France 98.

Nous avons ensuite joué samedi dans une super atmosphère. Les gens étaient fiers et très heureux de nous voir chez eux. Après le match, nous avons fêté ça et nous nous sommes couchés tard dans la nuit, alors que le match France-Paraguay était retransmis à 6h du matin, heure locale.

Evra.jpg

Je ne sais pas si ce match contre le Paraguay présentait un intérêt autre que de donner du temps de jeu à tout le monde. L’adversaire ne s’est pas livré. Les Sud Américains étaient en position très défensive. Côté français, j’ai trouvé qu’il y avait eu de bonnes choses de faites devant, avec une grosse motivation des attaquants. Derrière, toujours cette même solidité défensive. Les Bleus sont dans la continuité. On sent la montée en puissance physique.

Je profite de ce post pour revenir sur la liste des 23 de Raymond Domenech. Quand j’écrivais que Mandanda ne serait pas pris, c’était un regret. En fait, je n’y croyais pas, mais Raymond Domenech l’a fait ! Je suis très heureux pour Steve. Sa sélection est méritée. Il a été élu meilleur gardien de Ligue 1. Je suis désolé pour Landreau qui paye sa mauvaise saison et celle de son club. Quand on connait son histoire en bleu, c’est dur pour lui. Mais c’est la loi du sport de haut niveau.

L’autre surprise de la liste, c’est Gomis, qui a fait la différence grâce à ses deux buts contre l’Equateur. Dur pour Djibril Cissé, qu’une sale blessure avait déjà privé de Coupe du Monde… Je comprends sa déception.

Pour revenir au match contre la Colombie de ce soir, les Bleus doivent continuer d’engranger de la confiance. Un des objectifs de ce dernier match amical est d’entretenir la dynamique. Une défaite mettrait le doute dans la tête de tout le monde. A moins d’une semaine de France-Roumanie, ce match est important pour la concentration.

Je pense que l’équipe sera mieux physiquement que contre le Paraguay. Le groupe était en altitude, à Tignes. Les globules rouges vont arriver bientôt. Benzema, lui, est déjà en pleine bourre. Je pense qu’il va le démontrer ce soir…"


"Le deuxième match amical de l’équipe de France de foot a eu lieu chez moi, dans ma ville, à Toulouse. Un endroit que j’ai quitté en novembre dernier, mais où je reviens m’installer à l’automne prochain, après un an en Afrique du Sud. Toulouse, ma ville, n’a pas beaucoup réussi à l'équipe de France de football. Match nul contre le Paraguay. Pas grave... L'ambiance y était.

Ce soir, c’est la Colombie au Stade de France. Lors de ce dernier match amical, le sélectionneur va faire ses choix en vue de Roumanie-France, dans une semaine. Pour certains Bleus, il va falloir confirmer, pour d’autres, marquer des points… L’entraîneur va avoir l’œil sur tous les détails. Il va noter les comportements, les complicités autant que l’état de forme. Sur le terrain, ceux qui vont jouer seront observés de près.

On a vu, contre l’Equateur, que M. Domenech accordait de l’importance à ces impressions. Certains joueurs l’ont payé cash… Bafétimbi Gomis, lui, profite aujourd'hui de son bonheur. Je ne sais pas si cela sera suffisant pour prendre la place du phénomène Benzema ou de l’expérimenté Thierry Henry… En attendant, Gomis est dans le groupe et il aura encore une fois sa chance. Peut-être dès ce soir en cours de match."

"L’équipe de France nous a rassuré contre le Paraguay, même si on aurait voulu voir des buts contre cette équipe sud-américaine, présentée comme la 3e meilleure de ce Continent. J’avoue que je m’attendais a une victoire, mais ne faisons pas la fine bouche. Cette équipe de France est bien sur les matches amicaux, qui ne sont pas l’objectif. C’est révélateur de son potentiel.

Contre le Paraguay, Anelka n’a pas eu trop d’occases. On a moins vu Malouda que d’habitude. En fait, j’ai surtout observé le duo Benzema-Ribéry ! Trop forts, ceux là ! Benzema-Ribéry, ça va faire mal à l’Euro ! Quand on voit Benzema être aussi rapide et puissant après sa saison avec Lyon… C'est la jeunesse !

Ribéry-Benzema.jpg

Et puis il y a Makélélé au milieu, on sent qu’on peut compter sur lui. D’ailleurs, Lassana Diarra a fait une bonne rentrée, quand Claude est sorti. C’est important quand on sait que Vieira semble avoir quelques soucis physiques. Même si Patrick Vieira est un des tauliers, l’équipe a de la réserve. Vraiment, on sent qu’on a une bonne équipe pour l’Euro. Le groupe est riche. Il y a vingt-trois joueurs de qualité. Comment d’ailleurs pourrait-il en être autrement quand on regarde les noms de ceux qui ont été écartés….

Ce n’est plus la même équipe qu’il y a deux ans. Ca se voit. Mais elle est bonne aussi, aucun doute. Contre la Colombie, demain soir, ils n’auront pas trop la pression. Mais je les vois marquer des buts au stade de France. Le staff va demander plus d’efficacité aux joueurs. J’espère qu’ils vont marquer et monter en puissance.

Je vais essayer d’aller au stade. J’ai entraînement en fin d’après-midi et je ne pourrai donc pas assister au lever de rideau entre les féminines de l’Olympique lyonnais et du Paris-Saint Germain, en finale du Challenge de France. J’aurai voulu être là pour encourager ma copine Hoda Lattaf, qui joue avant-centre à l’OL… J’essayerai peut-être d’arriver à l’heure pour les Bleus…"


On avait vu Raymond gentiment repousser les questions des journalistes samedi à Toulouse, concernant l’état de santé de Patrick Vieira. Et voilà que ce lundi, c’est l’un des 7 recalés de la pré-préparation, Mathieu Flamini qui fait son come-back au château ! Raymond avait prévenu, les troupes sont mobilisables jusqu’au 9 juin, date du premier match des Bleus, programmé contre la Roumaine. Et il n’aura donc fallu attendre que quelques jours pour voir (re)débarquer Flamini. Deux choses méritent donc éclaircissement. Ou le bon Raymond a un doute sur ses choix, ou Patrick Vieira est plus touché qu’on ne l’a laissé entendre jusqu’ici. Evidemment, nos esprits se penchent plus sur cette deuxième option. Seul joueur avec William Gallas à ne pas avoir encore enfilé le bleu de chauffe lors des deux premiers matches préparatoires, Vieira souffre de la cuisse gauche depuis un entraînement effectué vendredi dernier. Mais si le secret entourant cette blessure tient quasiment du mystère de Roswell, il n’empêche que les plus pessimistes annoncent déjà Vieira forfait pour tout l’EURO 2008. Cela a-t-il de quoi inquiéter ? Oui et non. Oui, car perdre son capitaine à une semaine du début de la compétition ne fait pas vraiment partie de la «préparation idéale requise» pour ce genre de tournoi. Non, car on a pu voir que les "soi-disant remplaçants officieux" avaient largement le niveau. Jérémy Toulalan a été excellent contre le Paraguay, et la rentrée de Lassana Diarra (certes dans un registre plus proche de celui de Makelele) a été toute aussi impressionnante. Il n’y a donc pas de quoi être pessimiste. Espérons que le grand Pat’ soit apte d’ici peu et retrouvent la plénitude de ses moyens. Mais ne nous inquiétons pas si le Milanais devait être contraint à renoncer, la patrie resterait bien armée.
Benzema.jpg

Au sortir d’un 0-0 contre le Paraguay, inévitablement, le débat sur le duo d’attaquants tricolores ne peut que ressortir. Sauf que, paradoxalement dans un match sans but, Karim Benzema a marqué de précieux points dans l’optique d’une place dans le 11 de départ aux côtés de Thierry Henry, titulaire discuté mais indiscutable aux yeux de Raymond Domenech. En effet, le Lyonnais a impressionné par sa disponibilité, la qualité de sa prise de balle, son sens du jeu dos au but, son instinct de buteur, son entente avec Franck Ribéry… Soit autant de points positifs que Nicolas Anelka possède, sauf peut-être un en ce moment : l’instinct du buteur.

Le joueur de Chelsea n’a en effet plus marqué avec l’équipe de France depuis le mois d’octobre 2007 et un but contre… les Féroé. Depuis, rien, ou presque avec un penalty obtenu contre l’Angleterre. Précieux dans le jeu, comme l’a démontré sa passe décisive pour le deuxième but de Gomis contre l’Equateur, Anelka manque cependant de tranchant depuis plusieurs matches. Ce tranchant qu’a affiché Benzema contre le Paraguay, lorsqu’il s’arrachait dans la surface pour placer une frappe croisée que seuls le bout des doigts et le poteau du portier sud-américain empêchaient de rentrer. A croire que le banc de touche des Blues a stoppé l’élan de l’ancien Parisien. Ou bien est-ce ce tir au but manqué en finale de la Ligue des Champions qui lui trotte encore dans la tête. Toujours est-il qu’en 60 minutes à Toulouse, Benzema a montré beaucoup plus qu’Anelka en deux fois plus de temps. Et si le Lyonnais était titulaire à nouveau contre la Colombie, cela ressemblerait de plus en plus à une passation de pouvoir…

Ribery.jpgQuel est le principal enseignement que nous pouvons tirer du match France-Paraguay ? Que la charnière centrale Boumsong-Squillaci est plus forte que celle constituée de Gallas et Thuram ? Quelque part, cela ne nous dérangerait pas, mais ce n’est pas le cas. Qu’en l’absence de Vieira, Toulalan est mieux qu’une simple solution de rechange ? Il était inutile d’attendre ce samedi soir au stadium pour le savoir… Non, le principal enseignement, c’est que les Bleus sans Ribéry, cela n’a strictement rien à voir que ceux avec. Ainsi, en première période, le Munichois a régalé l’assistance de ses débordements, de ses dribbles, de son sens du décalage qui donnait presque l’impression que François Clerc avait des ailes, c’est vous dire.

Et surtout, comme avec Anelka face à l’Angleterre, «Francky» a le chic pour nouer une complicité technique incroyable avec l’avant-centre se situant le plus près de lui. En l’occurrence à Toulouse un certain Karim Benzema. Ensemble, les deux hommes ont offert un magnifique duo, qui aurait dû se conclure sur un, voire deux buts de l’ancien Marseillais. Plus une réalisation du Lyonnais. Las, un manque certain de réalisme a laissé un triste arrière-goût d’inachevé. Mais cela n’était rien en comparaison avec une seconde période d’une médiocrité extrême, même si un éclair de Govou aurait pu prendre la suite de ceux réussis par Gomis face à l’Equateur. Sauf que sur le plan collectif, dès que Ribéry n’est plus sur le terrain, la France pédale dans la semoule. Pire, elle ennuie. Alors vas-y Francky, continue à nous faire vibrer et surtout, ne te blesse pas !

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