Archives février 2010
Non, je n'avais pas chaud à cause du transport de mes deux valises, mon pied de caméra, ma caméra, mon ordinateur et mon sac à main. Les journaux télévisés avaient de quoi s'inquiéter car pendant quelques secondes j'ai cru que j'étais arrivée aux JO d'été. Autant pour la patinoire de Vancouver ce n'est pas trop inquiétant, autant pour les pistes de ski ça commence à le devenir !
Aujourd'hui à Whistler Creekside, les descendeurs nous ont confirmé les changements de neige impressionnants pendant leur entraînement. Neige en haut, pluie en bas ça risque de faire des dégâts ! En attendant, à Whistler Mountains, on n'a pas trop l'impression que les JO ont commencé. Ce matin, à l'arrivée de la descente nous devions être une petite trentaine de journalistes et mis à part le lynx qui a traversé la piste, heureusement après le passage d'un skieur, l'ambiance manquait cruellement. C'est peut-être cela que l'on appelle la mise au vert ?
A ce point critique de l'histoire du football français, il ne peut plus être question de Raymond Domenech. Je ne fait pas partie des détracteurs du patron des Bleus, ni même de ses contempteurs. Seul Dieu justifie que l'on se positionne pour, ou contre, son existence. Et encore. Domenech est juste un homme, et l'époque doit être bien folle pour lui accorder tant d'importance.
L'idée que Blanc puisse succéder à Domenech déplait à Nicolas de Tavernost. Le président de M6, propriétaire des Girondins de Bordeaux et à ce titre employeur de Laurent Blanc, s'en est irrité, hier. Il s'est élevé contre « ces dîners où des présidents de club parlent à tort et à travers de l'équipe de France et de son organisation, et citent des noms pour l'organiser ».
La perspective de perdre l'un de ses meilleurs hommes est toujours porteuse d'angoisse. A fortiori quand vous avez le sentiment que vos rivaux, dont Jean-Michel Aulas (Lyon) se liguent pour vous plumer. Déjà qu'M6 n'a pas les droits de retransmission du Mondial... « Nous commençons à en avoir assez, à Bordeaux. Je me demande à qui cela profite. Que la fédération française fasse son travail d'aller gagner en Afrique du Sud. Nous, cela fait dix ans qu'on essaie en temps qu'actionnaires, et avec un club, de progresser. Nous avons un bon entraîneur qui nous aide à passer un cap formidable, maintenant ça suffit... » Tout cela n'est pas blanc-bleu, en effet.
Commençons par le volet Blanc. Lorsqu'on a son pedigree, son potentiel, son image, le but est de se bâtir un palmarès. Passer de « bon entraîneur » à « grand entraineur ». Avec Bordeaux d'abord, ailleurs ensuite. Un grand entraineur n'est pas un simple successeur. Plutôt quelqu'un à qui il est impossible de succéder. Un grand entraîneur fait ce que personne n'a fait avant lui, là où personne ne l'a fait. J'ignore si telle est l'ambition de Laurent Blanc. Mais il en a déjà la façon d'être. Et jusqu'à preuve du contraire, partons de ce postulat.
Lorsqu'on a joué au FC Barcelone, à l'OM, à l'Inter ou Manchester United, on est appelé à une autre destinée que prendre place dans la bureaucratie fédérale. Marcher dans les traces des grands hommes, s'inscrire dans une lignée semble tellement plus logique.
Un grand entraîneur, c'est Ernst Happel, par exemple : premier homme à avoir gagné la Coupe des Champions avec un club néerlandais (Feyenoord Rotterdam, 1970), premier à l'avoir gagné avec deux clubs différents (le deuxième : Hambourg SV, 1983) ; seul homme à avoir hissé un club belge en finale (FC Bruges, 1977) et bien sûr, joué la finale avec trois clubs différents, déjà nommés. L'Autrichien est l'un des plus grands entraîneurs de l'histoire du football.
Un grand entraîneur, c'est Alex Ferguson. L'on fait parfois de Laurent Blanc le successeur possible de Sir Alex à la tête de Manchester United. La comparaison entre les deux hommes pourrait s'avérer pertinente... dans une vingtaine d'années. Pour schématiser, Blanc, avec Bordeaux, en est au stade où Ferguson était avec l'Aberdeen FC, au début des années quatre-vingts. En huit ans passés dans le nord-est de l'Ecosse (1978-1986), Ferguson a récolté trois titres de champions quand il n'y en avait eu qu'un en trois-quarts de siècle, quatre Coupes quand il n'y en avait eu que deux, une Coupe des Coupes et une Super Coupe d'Europe là où le terrain était vierge.
A l'été 1986, Ferguson est parti pour Manchester United, ce géant poussiéreux. Avec Man U, Ferguson s'est installé dans la durée. Il lui fallut quatre ans pour gagner la Cup, cinq pour la Coupe des Coupes, six pour la Coupe de la Ligue, sept pour le championnat, treize pour la ligue des Champions. Il a fait Rois Cantona, Beckham, Ronaldo, puis survécu à leurs départs. Et bâti plus qu'un palmarès : une œuvre. Deux ligues des Champions, une coupe intercontinentale, onze titres de champion d'Angleterre, cinq Cups, trois Coupes de la ligue, liste non exhaustive.
Si Laurent Blanc reste à Bordeaux, c'est pour être champion trois années d'affilée et gagner la Ligue des Champions, ce que le club n'a jamais fait. Puis la remporter un jour avec l'Inter, Chelsea ou Arsenal, là où le vent le portera. C'est là qu'il accomplira son destin. Pas dans un job de pure forme, de pure com', sans prise réelle sur les événements, ce qui l'attend à la tête d'une sélection nationale majeure. Alex Ferguson s'est bien gardé d'une telle expérience, car il le sait. Le 14 novembre 2009, à propos - déjà - de la succession Domenech, Michel Platini confiait à L'Equipe : « Je n'ai jamais vu un entraineur faire gagner un match. » Comprendre : un sélectionneur.
Laurent Blanc n'est ni Raymond Domenech, ni Fabio Capello. Au moment de sa nomination à la tête des Bleus, en 2004, le premier n'avait rien gagné et aurait pu continuer ainsi jusqu'à l'âge de la retraite. Le second, à l'inverse, n'avait plus rien à prouver ni obtenir, si ce n'est un salaire royal que la Fédération Française, au contraire de son homologue anglaise, n'est pas en mesure de proposer.
C'est parce qu'il n'a rien gagné que Raymond Domenech est devenu un professionnel de la communication, voire de la comédie. Un people, un polémiste qui esbaudit, divertit, irrite, détourne. Il a le sens du clivage inutile qui sied à notre époque, alimente ce buzz contemporain qui s'apparente au néant. Il est the right man at the right place. Si ça ne tenait qu'à nous, il serait sélectionneur à vie. Vu ainsi, la position de Nicolas de Tavernost, les gesticulations de Jean-Pierre Escalettes, les manigances de Jean-Michel Aulas ou Gervais Martel importent peu, finalement.
Concluons par le volet Bleu. Si Blanc venait à prendre la tête de l'équipe de France, ce serait pour être champion d'Europe en 2012, puis champion du monde en 2014. Etre Aimé Jacquet et Roger Lemerre à lui seul, marcher dans les traces d'Helmut Schoen, auteur de pareil doublé avec la RFA en 1972 et 1974. Etre le premier sélectionneur d'une équipe européenne sacrée sur le territoire américain, au Brésil dans quatre ans.
Il faudrait alors le débaptiser. Fini « le Président ». Juste... Dieu.
Retrouvez tous les posts de Geoffroy Garétier dans notre blog Footballogie.
J'ai repris la compétition proprement dite début janvier. Au niveau du genou, cela se passe bien, je n'ai quasiment plus aucune douleur et cela va de mieux en mieux au fur et à mesure des matches. Du coup, le moral est bon et je n'ai plus d'appréhension à solliciter mon genou. Après, au niveau du tir, j'ai toujours du déchet mais c'était déjà le cas avant ma blessure. Il faut que j'apprenne à prendre le temps de fixer la gardienne, ne pas me précipiter, mais cela ne vient pas de mon genou. C'est le point principal qu'il me faut travailler. Au niveau des résultats, on est toujours 3e même si on a pris une raclée contre Metz. Mais on a réussi un bon match nul contre Le Havre. Cela reste des résultats corrects, surtout que cela n'a pas été évident sur le plan collectif de voir revenir plusieurs joueuses blessées auparavant. Il a fallu que l'on retrouve nos repères et forcément, début janvier, nos débuts de match n'étaient pas top au niveau handballistique. Là, on commence à retrouver des repères et c'est mieux.
Je ne m'attendais pas cependant à réintégrer si vite l'équipe de France. J'ai été un peu surprise car je ne pensais pas que l'on me demanderait aussi tôt de revenir faire un essai. Mais c'est évidemment une super bonne surprise. Maintenant, je ne vais pas m'enflammer non plus et me dire que ça y est, je suis arrivée. Il y a encore beaucoup de chemin à faire mais je suis contente car je vais pouvoir voir où est-ce que j'en suis. C'était un des objectifs que je m'étais fixé et je suis satisfaite de l'avoir déjà rempli. Et j'ai envie de saisir ma chance car c'est un poste assez ouvert en équipe de France, où il y a une place à prendre. J'espère aussi que nous aurons l'occasion de reparler entre filles de leur aventure en Chine, que nous pourrons la partager même si j'ai déjà eu quelques échos des internationales qui jouent avec moi à Nîmes. Pour le reste, j'ai vu que Sophie Herbrecht revenait. Je ne la connais pas personnellement, mais je pense que son retour ne peut être que positif pour nous car c'est une grande joueuse, qui a de l'expérience. Elle ne peut apporter que du plus.
Enfin, je voulais finir en félicitant les garçons champions d'Europe. J'ai vu quelques matches et ils m'ont encore impressionné. Ils méritent vraiment bien leur surnom car c'est vraiment un régal de les voir jouer. C'est une équipe très forte dans tous les secteurs, que ce soit au niveau du mental, du handball, du physique... Ils ont tout quoi. C'est superbe de voir des matches comme cela, surtout qu'ils savent mettre une dose de spectaculaire dans leur jeu. Cela fait plaisir et c'est bien pour le handball. Après, il n'y en a pas un en particulier qui m'impressionne plus que les autres... Ils sont tous impressionnants (rires). Si on me proposait une petite série de tirs face à Thierry Omeyer ? Je pense que cela me ferait un petit peu peur, mais ce serait marrant. En tout cas pourquoi pas...
De fait, je n'ai retenu de la 27e édition de l'épreuve qu'une image : le trophée soulevé par Ahmed Hassan. Avec ses 172 sélections internationales, le capitaine égyptien est le troisième joueur le plus capé de l'histoire du football ; il sera peut-être un jour le premier à porter deux cents fois le maillot de son pays. Hassan a remporté quatre Coupes d'Afrique des nations, soit plus à lui seul que l'Algérie, le Maroc et la Tunisie réunis.
A trente-cinq ans, le capitaine de l'Egypte, international depuis 1995, n'a pourtant jamais disputé, ne disputera peut-être jamais la Coupe du monde de football. Le cas Hassan est la parfaite illustration de ce que nous appelons le « paradoxe africain » : l'Egypte, la plus grande nation du continent, ne parvient pas à exister dès qu'il s'agit de Coupe du monde de football. C'est ce mystère que nous allons tenter de percer.
L'Egypte en Afrique : les clés d'une domination
Voyons plutôt. Dimanche à Luanda, les Pharaons ont remporté leur septième titre continental après ceux de 1957, 1959, 1986, 1998, 2006 et 2008. En poule, les Egyptiens ont battu le Nigéria, puis éliminé tour à tour le Cameroun, l'Algérie et enfin le Ghana. Soit quatre des cinq qualifiés africains pour le prochain Mondial, scellant l'excellence de leur parcours.
Au palmarès de l'épreuve, le Cameroun et le Ghana plafonnent à quatre titres, la RDC Congo et le Nigéria, à deux. L'Egypte a atteint quatorze fois les demi-finales, soit plus d'une fois sur deux ! Une domination encore supérieure à celle de l'Allemagne dans le championnat d'Europe des Nations.
1/Une longue histoire
Cette domination puise ses racines très profondément : l'Egypte, troisième pays le plus peuplé et le plus riche du continent africain, en est surtout l'un des plus anciens. L'on ne parlera même pas de l'ampleur et du rayonnement de sa civilisation antique. La république arabe d'Egypte bénéficie sur l'immense majorité des autres pays du continent d'un avantage décisif : avoir constitué une entité géographique et politique stable dès le début du XIXe siècle, une fois son indépendance de l'empire ottoman acquise et les troupes de Bonaparte chassées du pays.
Dans ce blog, je reviendrai souvent sur la notion d'incorporation. A quel moment d'une histoire un joueur, un club, un pays s'y est glissé, et le rapport entre ce moment et le rôle que l'histoire lui accorde. Qu'il soit social ou sportif, l'ascenseur est souvent plus performant lorsqu'on y est monté le premier. Egypte et Ghana disputaient en Angola leur huitième finale respective de Coupe d'Afrique, un record. L'Egypte a remporté la première et la deuxième édition de l'épreuve ; le Ghana, la quatrième et la cinquième...
Ajoutons que les Pharaons furent l'un des trois pionniers de la Coupe d'Afrique avec l'Ethiopie et le Soudan. Et si ces derniers ont été touchés par des plaies en cascade (famines, tyrannies, guerres civiles), l'Egypte moderne en a été préservée.
2/Un calendrier favorable
La Coupe d'Afrique se déroule au début de chaque année paire. Une sur deux a donc lieu l'année de la Coupe du monde. Il faut mettre en relation deux faits. Le premier ? Sur onze précédents depuis 1970, seuls trois pays ont été sacrés champion d'Afrique tout en étant qualifiés pour la Coupe du monde à venir. La RDC/Zaïre en 1974, le Nigéria en 1994 et le Cameroun en 2002. Le second ? Quatre des cinq derniers titres de l'Egypte ont été remportés l'année d'une coupe du monde pour laquelle ils n'étaient pas qualifiés.
Le Mondial se déroule en juin. La Coupe d'Afrique, en janvier. Il est logique de penser que l'ambition première des pays qualifiés pour le Mondial est d'abord de réussir celui-ci. Et que dans le même temps, le pays dont la CAN est le seul rendez-vous de l'année en fera son objectif prioritaire. A l'appui de cette hypothèse, le destin croisé de l'Egypte et de l'Algérie lors des Coupes du monde 1990 et 2010.
17 novembre 1989 : au Caire, l'Egypte bat l'Algérie (1-0). Les Pharaons se qualifient pour leur deuxième Coupe du monde, les Fennecs en sont privés après deux participations d'affilée. En mars 1990, l'Algérie remporte à domicile son unique titre continental ; l'Egypte, elle, a quitté le tournoi après trois défaites en phase de poule, dont la dernière contre... l'Algérie (0-2).
18 novembre 2009 : à Oumdourman, Soudan, l'Algérie bat l'Egypte (1-0) dans un play-off mémorable et se qualifie pour le Mondial 2010. Deux mois plus tard, l'Egypte remporte la Coupe d'Afrique en ayant au passage corrigé l'Algérie en demi-finale (4-0)...
Constat troublant, en effet.
3/Le contexte politique
Après avoir atteint la finale des trois premières éditions, l'Egypte a disparu du palmarès jusqu'en 1986. Elle a pourtant organisé le tournoi en 1974, mais fut battue en demi-finale par le Zaïre. Durant l'essentiel de cette période, au moins deux facteurs géopolitiques ont orienté le pays vers la sphère moyen-orientale : le panarabisme, via la brève union politique avec la Syrie, et son corrolaire, l'anti-sionisme, porteur d'un conflit récurrent avec Israël. N'oublions pas la géographie : l'Egypte, bien que majoritairement africaine, est accrochée à l'Asie via la péninsule du Sinaï.
La pacification des rapports entre l'Egypte et l'Etat hébreu, amorcée en 1977 suite aux accords de Camp David signés sous la houlette du président américain Jimmy Carter, a-t-elle permis à l'Egypte de se tourner à nouveau vers l'Afrique ? Le président Hosni Moubarak, au pouvoir après l'assassinat de Sadate le 6 octobre 1981, a-t-il misé sur le football pour consolider son règne ? En 1986, l'Egypte organise à nouveau la Coupe d'Afrique. En finale, elle l'emporte aux tirs-aux-buts sur le Cameroun, alors puissance dominante du continent.
4/La puissance des clubs
L'emprise de l'Egypte sur le football africain s'applique de manière symétrique au niveau des clubs. A cette différence près, qui tend à corroborer le facteur précédent : les géants égyptiens ont pris le train de l'histoire en marche. La Coupe d'Afrique des Clubs champions a été créée en 1965. Jusqu'en 1982, les clubs égyptiens n'en gagnèrent qu'une seule (Ismaily Ismaïlia, 1969) dans un paysage exclusivement dominé par les clubs d'Afrique subsaharienne.
A partir de 1982, Al Ahly et le Zamalek du Caire entament une incroyable période de domination ponctuée par onze Coupe ou Ligue des Champions, cinq coupes des coupes et sept supercoupes. Avec un total de douze victoires dans l'épreuve, l'Egypte trône loin devant le Cameroun et le Maroc (cinq).
Logique : le Caire est à la fois la ville la plus dense (38000 h/km2) et la plus peuplée (18 millions d'habitants) d'Afrique. Les clubs égyptiens sont bien organisés, bénéficient d'une assise populaire considérable et de techniciens compétents. Comme cet Hassan Shehata, formé au Zamalek et sur le banc des Pharaons depuis 2006.
Et, chose rare en Afrique (Afrique du Sud ou Angola exceptées) leur modèle économique leur permet de garder ou de faire revenir leurs meilleurs joueurs. Lors de la victoire d'Al Ahly en Ligue des Champions 2008, le but vainqueur fut marqué par un certain... Ahmed Hassan.
L'examen des compositions d'équipe de la finale Egypte - Ghana est révélateur. Sept des onze titulaires égyptiens évoluaient dans leur pays, trois dans la péninsule arabique et un seul en Europe, l'attaquant Mohammed Zidan (Borussia Dortmund). En face, un seul Ghanéen évoluait en Egypte, un dans la péninsule arabique et les neuf autres... en Europe.
La où les stars africaines, telles l'Ivoirien Drogba (Chelsea) ou le Camerounais Eto'o (Inter Milan), lâchés à regrets par leurs puissants employeurs européens, participent à la CAN sans préparation spécifique et hantés par la peur de se blesser, les Egyptiens, eux, jouent le coup à fond. Comment s'étonner, dès lors, qu'Ahmed Hassan, comme en 2006, ait été élu meilleur joueur de la CAN 2010 ? Mais tout cela ne dit pas pourquoi le milieu offensif des Pharaons n'a jamais joué, ne jouera peut-être jamais la Coupe du monde de football.
Avant de dresser mon petit bilan personnel post-CAN, je voudrais revenir sur la finale de dimanche. J'ai particulièrement été surpris par le retour en puissance du Ghana sur l'échiquier africain. Cette équipe possède un devenir énorme. Incorporer 9 joueurs de la sélection championne du monde des moins de 20 ans, jouer sans plusieurs cadres (Muntari, Essien, Mensah et j'en passe) et enfin arriver en finale, c'est tout bonnement énorme. Manque de «pot» pour cette génération dorée, c'était l'Egypte en face. L'Egypte avec son rythme saccadé, sa solide expérience et son capital confiance gonflé bloc. Parce que dans le jeu, c'était pour le moins très tristounet. Les Pharaons ont commencé la rencontre à 20 km/h et l'ont finie sur le même rythme. Une formation sans soubresaut mais ô combien réaliste et confiante dans son jeu. Cette équipe possède une telle maîtrise collective qu'elle est capable de t'user sur la durée avant de t'achever en fin de match. Et face à des formations africaines aux errements défensifs intempestifs, cela a fait mouche. Clairement, aucune formation n'a su mettre de la vitesse face à l'Egypte. Conséquence, on a joué cette CAN au rythme terne et ennuyeux des Pharaons.
D'un point de vue général maintenant. Je vous annonce d'entrée, il y aura beaucoup de flops pour peu de tops. Non pas parce que la défaite de l'Algérie m'est restée au travers de la gorge, mais force est de constater que cette 27e CAN ne fera pas office de référence en tout point. Organisation, sécurité, coût de la vie, ambiance, pelouses, couverture médiatique. Je suis très déçu et quelque peu frustré. Les véritables médias populaires ne se sont pas intéressés à l'Afrique. Qui, avant le début de la CAN connaissait Orange sport (hormis les acharnés de la L1 bien sûr) ? Je ne savais même pas que cet opérateur téléphonique avait une chaîne TV, excusez mon ignorance. Voilà tout le problème de la Confédération Africaine de Football (CAF) qui serait prête à vendre mon continent pour une bouchée de pain. Cette dernière n'a pas cherché à revendiquer l'esprit «Afrique» mais en a fait une affaire purement financière. L'ambiance aussi. Sincèrement, l'édition ghanéenne me manque en voyant le pauvre spectacle angolais. Les stades étaient vides, ça fait tache pour une compétition internationale qui plus est en Afrique, réputée pour son folklore. Les pelouses, ah les pelouses ! J'enrage juste à l'idée d'en parler. Comment en 2010 lors d'un évènement majeur on peut encore jouer sur des terrains lamentables ? Etait-ce un coup du pays-hôte ? C'est en tout cas raté. Le drame togolais m'a profondément touché et les sanctions prises par la suite sont révoltantes. On disqualifie le Togo pour les deux prochaines éditions histoire de prouver que la CAF est intransigeante et qu'on ne badine pas avec. Alors qu'en vérité, c'est une association où la corruption règne en maîtresse. Les hommes en noir maintenant. L'arbitrage a une nouvelle fois été désastreux lors des rencontres couperets. Comme si nos arbitres étaient friables mentalement. Quand on a une demi-finale Egypte-Algérie, et peu m'importe le vainqueur, l'important est que l'Afrique s'en sorte avec une belle image du football africain. Au lieu de cela, le monde a vu les mauvais côtés de ce continent, la violence, de la corruption peut-être. A titre comparatif, on n'accepterait pas ce genre de comportement de la part des joueurs en Europe. J'ai assisté à des gestes dignes de joueurs de quartier. Enfin, je n'ai pas digéré l'hypocrisie de nos dirigeants. Mensonges perpétuels, désir constant de cacher les problématiques par des poncifs standards. C'est l'Afrique. On n'accepte pas la critique et Dieu seul sait ô combien cette dernière est importante, pour le moins qu'elle soit fondée et argumentée.
Après avoir énuméré les mauvais côtés de cette CAN, place aux points positifs. Car oui, il y en a eu. Le sportif tout d'abord. Le niveau africain a généralement progressé même si ce n'est pas toujours la grande rigueur, ni les grands enchaînements. J'ai senti les équipes un peu plus disciplinées, malgré quelques mauvais gestes. J'ai aussi apprécié ce petit vent de fraîcheur lors de la première journée où les gros ont eu peur. Il faudra compter à l'avenir sur la Zambie, le Gabon voire même le Malawi. En général, cette CAN a été celle du renouvellement. Un bon nombre d'équipes ont connu quelques changements dans leur effectif, cela peut être pas mal pour la suite.
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