Le monde comme il va. En ce mois de mai sans émoi ensoleillé, Ancelotti est un saint et Mourinho un démon. Le premier, en rébellion contre les dirigeants du PSG (il est vrai qu'ils l'ont maltraité à un moment) est nécessairement l'incarnation du Bien. Le second, éjecté par les dirigeants du Real (après un titre en Liga et une Coupe du Roi) est obligatoirement la représentation du Mal. Dans les deux cas, la plupart des commentaires, sans retenue, sont univoques, sans nuances. Ancelotti est le bon, Mourinho la brute ET le truand.
Est-il possible de considérer les deux bilans avec plus de mesure ?
Peut-on estimer qu'Ancelotti, compte tenu de son effectif, a mis bien du temps avant de faire du PSG une machine à gagner ? Que sa gestion psychologique des hommes peut être questionnée ? Que les ratages du PSG en Coupe de France et de la Ligue peuvent être de nature à s'interroger sur certains choix tactiques pêchant par suffisance ? On le peut, mais on ne sera pas entendu. Le simple fait qu'Ancelotti, de son point de vue, ait décidé de faire savoir qu'il ne supportait plus les Qataris propriétaires du PSG, leur comportement et leur méthode, semble suffire à beaucoup, trop heureux de pouvoir dire aussi tout le mal qu'ils pensent de ces investisseurs venus de trop loin à leurs yeux. Ancelotti, fin communicant tire profit de cette situation étrange, où le non-dit règne. Tant mieux pour lui.
De même, peut-on avancer que Mourinho n'a jamais vraiment eu de chances de réussir au Real ? Peut-on juger que le corps madrilène ne voulait pas cette greffe et que le technicien portugais n'y pouvait rien ? Peut-on rappeler que dans ce contexte hostile, le Mou a hissé le Real vers le titre, une Coupe du Roi et deux demi-finales de Ligue des champions ? On le peut, mais on ne sera pas entendu. Pire encore, tout cela sera nié, tant Mourinho déclenche de passion et de révulsion, de convulsion et d'indignation, comme si tous ceux qui ne l'aiment pas n'attendaient que cette chute pour piétiner ce qu'ils pensent être un cadavre. Mourinho paie cher l'arrogance surjouée, la morgue affectée auprès de ceux qui ne savent pas lire sa part de naïveté et d'innocence, sa rouerie et sa faconde. C'est triste.
En vérité, l'un ne mérite pas tant d'honneur, et l'autre tant d'indignité.
Mais ainsi se termine les deux règnes, sans que le bilan puisse être établi de manière sereine au regard de l'histoire. Cette semaine, il ne sera plus question que de la succession d'Ancelotti au PSG. Qui ? Quand ? Combien ? Le délire des pronostics est en plein emballement. Capello, Blanc, Mancini, Benitez... La machine à imaginaire est en marche, plu forte que la machine à informer. Le vent médiatique balaiera sans vergogne ce qu'il a porté les jours précédents. Seront ainsi figés les jugements prononcés sous l'empire des passions et émotions. Ancelotti restera un saint, Mourinho un démon.
Est-il possible de considérer les deux bilans avec plus de mesure ?
Peut-on estimer qu'Ancelotti, compte tenu de son effectif, a mis bien du temps avant de faire du PSG une machine à gagner ? Que sa gestion psychologique des hommes peut être questionnée ? Que les ratages du PSG en Coupe de France et de la Ligue peuvent être de nature à s'interroger sur certains choix tactiques pêchant par suffisance ? On le peut, mais on ne sera pas entendu. Le simple fait qu'Ancelotti, de son point de vue, ait décidé de faire savoir qu'il ne supportait plus les Qataris propriétaires du PSG, leur comportement et leur méthode, semble suffire à beaucoup, trop heureux de pouvoir dire aussi tout le mal qu'ils pensent de ces investisseurs venus de trop loin à leurs yeux. Ancelotti, fin communicant tire profit de cette situation étrange, où le non-dit règne. Tant mieux pour lui.
De même, peut-on avancer que Mourinho n'a jamais vraiment eu de chances de réussir au Real ? Peut-on juger que le corps madrilène ne voulait pas cette greffe et que le technicien portugais n'y pouvait rien ? Peut-on rappeler que dans ce contexte hostile, le Mou a hissé le Real vers le titre, une Coupe du Roi et deux demi-finales de Ligue des champions ? On le peut, mais on ne sera pas entendu. Pire encore, tout cela sera nié, tant Mourinho déclenche de passion et de révulsion, de convulsion et d'indignation, comme si tous ceux qui ne l'aiment pas n'attendaient que cette chute pour piétiner ce qu'ils pensent être un cadavre. Mourinho paie cher l'arrogance surjouée, la morgue affectée auprès de ceux qui ne savent pas lire sa part de naïveté et d'innocence, sa rouerie et sa faconde. C'est triste. En vérité, l'un ne mérite pas tant d'honneur, et l'autre tant d'indignité.
Mais ainsi se termine les deux règnes, sans que le bilan puisse être établi de manière sereine au regard de l'histoire. Cette semaine, il ne sera plus question que de la succession d'Ancelotti au PSG. Qui ? Quand ? Combien ? Le délire des pronostics est en plein emballement. Capello, Blanc, Mancini, Benitez... La machine à imaginaire est en marche, plu forte que la machine à informer. Le vent médiatique balaiera sans vergogne ce qu'il a porté les jours précédents. Seront ainsi figés les jugements prononcés sous l'empire des passions et émotions. Ancelotti restera un saint, Mourinho un démon.
Mourinho et le Real, c'est une histoire qui n'a jamais eu lieu. Ce sont des choses qui arrivent et qui relèvent du grand mystère des relations humaines. Un environnement hostile, un Portugais en terre castillane, une presse qui n'a pas su jouer avec Mourinho comme lui aime jouer avec la presse, des joueurs en rébellion (Casillas, Sergio Ramos...), un Cristiano Ronaldo qui ne se montre jamais décisif dans les moments décisifs... Un peu de malchance aussi, comme hier, en finale de Coupe, avec des tirs sur les poteaux... Les "circonstances", pour reprendre un mot de de Gaulle, les "circonstances" n'ont jamais été favorables à Mourinho. Jamais.
Du passage de Beckham au PSG, l'histoire ne retiendra que le passage. Au bout du compte, cette aventure n'aura été qu'une histoire de publicité, de com' et de marketing, et rien d'autre. Les quelques dizaines de minutes passées par un joueur incarnant la culture mondialisée du football n'auront servi à rien, d'un point de vue sportif. C'était prévisible. Ce fut ce qu'il advint. Oui, Beckham n'aura rien apporté au PSG, footballistiquement parlant, parce qu'il n'était pas venu pour ça. C'est une anecdote, une de plus dans la vie de ce club, point.
On se souvient du choc de David Beckham lorsque sur le banc du PSG, pour sa première apparition en tant que joueur de football réel au Parc des Princes, il avait paru surpris, apeuré presque, parce qu'Olivier Tallaron, de Canal Plus, était venu lui planter un micro sous le nez afin de recueillir des premières impressions (à voir
Les incidents de lundi soir, au Trocadéro et certains quartiers de Paris ont achevé les derniers espoirs des Ultras. Ce n'est pas demain qu'ils pourront revenir au stade. En organisant une petite manif parallèle, entre anciens de la tribune d'Auteuil d'avant le plan Leproux, à ce qui devait être la fête du Trocadéro, en offrant aux casseurs de tous horizons l'occasion de s'engouffrer dans la brèche qu'ils ont eux-mêmes ouvertes, en laissant certains d'entre eux participer aux affrontements, ils ont participé à la mise à mort définitive de leur mouvement (lire
Il n'y a plus que les Ultras (et une certaine presse à la fois nostalgique et complaisante, tels nos amis de So Foot ou de Rue89 sport-
A peine sacré Champion de France, le PSG doit déjà songer à l'avenir. Ainsi va la vie dans le football moderne. La fête ne dure que quelques heures, les supputations sur l'avenir des semaines. Le PSG, en dépit du titre, de la joie, du bonheur, est entré dans la tourmente à l'instant même où il devenait, à 23h05 ce dimanche 12 mai 2013, après une victoire à Lyon (0-1) Champion de France.
En vérité, le président El-Khelaïfi et le prince Al-Thani se sont piégés eux-mêmes. Pire encore, leur comportement, pour le moins capricieux dit-on, effraye désormais bien des prétendants possibles. Ce sont eux qui, du fait de leur façon de faire, ont créé cette situation étrange où le PSG champion, si fort d'apparence, est sans doute plus faible qu'il n'y parait. Si Ancelotti part au Real, si Mourinho, Wenger, Benitez et les autres ne veulent pas venir, si le PSG est contraint de se rabattre sur ce qui sera perçu comme un choix de second rang (genre Laurent Blanc) en mode pape de transition, le colosse affichera plus ses pieds d'argile que ses mains de fer.
Il s'appelle Callum Mac Manaman. Ce n'est pas le patronyme d'un héros du film Braveheart, mais celui d'un joueur du club anglais de Wigan. Hier, une heure et demi durant, sur la pelouse de Wembley, tout au long de la finale de Cup opposant Manchester City à Wigan, ce Callum Mac Manaman fut l'égal de Garrincha, ou de Robben. Ou de Ginola. Ou de Jairzinho. Comme eux, il est capable d'enchainer dix fois, vingt fois, cent fois le même dribble dans un match, sans que ses adversaires ne trouvent la parade. Comme eux, il est rapide, vif, insaisissable, inspiré. Comme eux, il va de l'avant, provoque toujours et ne renonce jamais. Comme eux, il semble être l'ontologie du dribble, de l'esquive et de la feinte.
En vérité, Wigan-City est LE match de ce week end de la mi mai 2013. L'histoire de cette rencontre, l'épopée de Callum Mac Mananam, valent plus que le sacre de Barcelone en Espagne ou que la victoire de Marseille empêchant le sacre du PSG, encore. Nous sommes dans une autre dimension, au cœur de l'essence du jeu de football. La victoire du Wigan de Mac Manaman incarne tant le football que l'on se demande pourquoi, en ce dimanche matin, à l'heure où ces lignes sont écrites, elle n'est pas à la une de tous les sites d'informations sportives.
Thiago Silva est lui suspendu deux matchs. Une lourde sanction qui présente toutes les apparences d'une injustice sans nom. Car enfin, qui peut dire, sans mentir, avec une absolue certitude, que le joueur brésilien a volontairement bousculé l'arbitre Castro pendant le match contre Valenciennes, le rejetant des deux mains, comme l'homme en jaune l'a expliqué aux joueurs du PSG à la mi-temps ? Qui peut affirmer avec certitude, au vu des images fournies hier par Canal Plus, que le comportement de l'arbitre n'est pas étrange quand on le découvre fonçant vers Silva, sans chercher le moins du monde à l'éviter (à voir
L'attaquant suédois vient vers l'arbitre pour lui signifier ce qu'il pense de son arbitrage, et il est accueilli par un sourire narquois et provocateur, agrémenté d'un "chut !" qui ne laisse pas de doute sur la volonté de ne pas écouter, de ne pas dialoguer et de moquer le joueur du PSG. Dans un tel contexte, à ce moment là des événements, Ibrahimovic, de tempérament fougueux, ne peut que s'en agacer davantage. Et c'est alors que l'arbitre Castro, se reculant (geste assez révélateur, convenons-en) décide de sanctionner d'un carton jaune le joueur du PSG (séquence visible
Grande est la lassitude de l'amateur de football ayant assisté hier, sur place, au match entre le PSG et Valenciennes (1-1). Avec regret et tristesse, il est contraint, comme tous ceux qui possèdent encore un peu d'intelligence dans ce pays, qu'une fois de plus, une fois encore, une fois de trop, ce qui promettait d'être un beau match de football pour de bonnes raisons fut gâché par une décision arbitrale où, une fois de plus, une fois encore, une fois de trop, un homme au sifflet a préféré privilégier son narcissisme sublimé au respect d'une rencontre sportive, des joueurs, du public et du football.
Posons donc, puisque nous y sommes contraints, la question récurrente : comment se fait-il que depuis quelques années, la France du football soit contrainte de subir sur les terrains de Ligue 1 une escouade d'arbitre théâtraux, mégalos, égotiques et enivrés d'eux-mêmes au point qu'ils en viennent, de par leurs décisions, de par leurs attitudes, à se placer aux yeux de tous, comme étant plus haut que le football lui-même ? Inconnu du grand public jusqu'à hier soir, M. Castro est venu prendre sa place dans la galerie des arbitres que l'on n'oublie pas, aux côtés des Chapron, Thual et autres Duhamel. La persistance de cette tragédie laisse pantois. Et que dire du choix d'un tel arbitre pour arbitrer un match de cette importance, vital pour l'attribution du titre, lorsque l'on sait qu'en dix rencontres de Ligue 1, il avait déjà distribué la bagatelle de 48 cartons jaunes et 5 cartons rouges ?
Crépuscule des Dieux. "Pendant cinq ans on a dit que c'était la meilleure équipe du monde, et là on dit qu'ils font ce qu'ils peuvent". Le mot est signé de Paul Le Guen. Il a été prononcé sur le plateau de Canal Plus, sous les yeux vif acier, acérés et mutins, de Nathalie Iannetta lors la mi-temps du match retour opposant le Bayern de Munich à Barcelone. A elle seule, cette formule le tragique de la soirée. Et encore, à ce moment là, dans l'entre deux de la bataille, le score était encore de 0-0. Certes, le Barça était quasi-éliminé, mais il était légitime de penser que le sauvetage de l'essentiel, l'orgueil, que ce club préfère à la l'honneur, était encore possible.
Un coup de tonnerre sur l'Europe, dont on n'a pas fini de mesurer les conséquences. Et des images qui se gravent pour longtemps dans les mémoires. Messi, inutile sur son banc de touche. Victor Valdes qui soupire après chaque but. Pique au bord des larmes après sa traitrise involontaire. Iniesta qui roule des yeux d'impuissance. Xavi que l'on ne voit plus. Fabregas, qui prend l'air absent de celui qui voudrait être ailleurs. Et ce public, accablé et silencieux, ce public qui, en prélude à la bataille, brandissait osait un Tifo affichant le mot "orgueil" en lettres d'or dans le Camp Nou. Ce public qui assistait à cette chute vertigineuse comme le dernier acte d'un opéra wagnerien. Ce public qui fut tout et n'était plus rien. Ce public vaincu. Abattu. Déchu.
Et pourtant. Pourtant hier, contemplant le spectacle de ce crépuscule footballistique, assistant à cette chute pathétique, l'on éprouva nulle joie, nulle satisfaction. En vérité, la part de bonté et de justice qui réside en chacun de nous ne put se résoudre à la jouissance qu'aurait dû engendrer la vision de ce chaos, aussi ahurissant fut-il, et la représentation de cette chute, aussi vertigineuse fut-elle.
Ainsi s'écrivent les légendes, souvent. La mémoire collective est sélective. Voilà trente-sept ans bientôt que la France s'est persuadée que les poteaux carrés de Glasgow ont empêché les Verts de devenir Champions d'Europe face au Bayern Munich, oubliant au passage qu'avant le tir de Bathenay et la tête de Santini, le club bavarois avait inscrit, en début de match, un but valable refusé pour cause de hors jeu (imaginaire) à Gerd Müller. En vérité, si victime d'un injustice il y avait, c'était le Bayern. Mais les poteaux étaient carrés... De même, l'écriture mémorielle de ce Real-Dortmund risque d'être empreinte du même travers. C'est le syndrome de l'homme qui tua Liberty Valance. Quand la légende est plus belle que la réalité...
Weidenfeller est le seul vrai héros de ce match. Ce n'est pas Ronaldo, qui n'a rien fait. Ce n'est pas Higuain, qui a tout raté. Ce n'est pas Mourinho, encore éliminé en demi finale. Ce n'est pas Lewandowski, qui a peu brillé. Et surtout, surtout, ce n'est pas Benzema, entré en cours de jeu, et auteur d'un but et d'une passe décisive. Il faut être doté d'un prisme français particulièrement trompeur et falsificateur pour penser cela. Non. Benzema n'est pas le héros du match. Il n'a rien fait qui puisse mériter d'être consacré, encensé, béatifié. Il n'incarne pas l'épopée et la tragédie de ce match. Il n'en est qu'un épisode, un accessoire, un accident et un faire-valoir. C'est parce que son but, sa passe décisive déclenchèrent, au bord du baisser de rideau, l'espoir vain et insensé du Real que l'exploit initial de Weidenfeller prend tout son sens et que l'on en mesure l'incroyable portée.
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