Récemment par Nasser Sandjak
C'est une machine physique qui broie tout ce qui bouge, exploitant avec brio la moindre faille de l'adversaire. L'Allemagne finit également bien ses matches. Quand l'Argentine et l'Angleterre étaient sur les rotules à l'entrée du dernier quart d'heure, les Allemands, eux, carburaient. Et là, j'arrive à ce qui me fait peur. Comme souvent, après une grande compétition officielle (Euro et Mondial essentiellement) plusieurs équipes s'inspirent du champion du monde/Europe. Si l'Allemagne est sacrée, on risquerait de voir à la mode des équipes qui privilégieront la défense à l'attaque. Je ne dis pas que défendre est le maître mot allemand, mais ce n'est pas l'Espagne. On perdra très certainement en spectacle et en prise de risques. Plusieurs équipes baseront leurs schémas tactiques sur le contre. Or, nous public, espérons toujours voir du spectacle. On espère également que le champion du monde soit à la base de la création. Le Brésil 2002 faisait plaisir, l'Italie 2006 doublement pas. C'est donc logiquement que je serai Espagnol mercredi. Même si elle se cherche encore, la Roja est nettement plus créatrice et novatrice. Moins tranchante et réaliste certes, mais beaucoup plus agréable à voir jouer. C'est le souhait de tout entraîneur que de voir ses poulains redoubler de passes.
Je voudrais juste revenir sur ce penalty de Gyan manqué à quelques secondes de la fin du match. Tout un symbole pour moi qui a longtemps bourlingué en Afrique. Des cas similaires, j'en ai vu des tonnes. C'est assez symptomatique de notre football. On est encore et toujours incapable de répondre présent au jour J, au moment M, à la seconde S. Gyan avait là l'occasion de marquer l'Histoire de son continent. Il fallait être costaud mentalement. Il ne l'a pas été, comme ses coéquipiers durant la séance de tirs au but. Voir des garçons, défenseurs qui plus est, prendre deux mètres d'élan pour un penalty, c'est à pleurer de rire. Mensah, en l'occurrence, n'est ni attaquant, ni milieu de terrain pour avoir cette faculté à masquer son geste. Pour moi, la signification de ce geste est claire : en tant qu'Africain, on n'est pas encore prêt pour relever le défi.
Sur ce match, l'Uruguay a clairement fait jouer son expérience. Et de belle manière. La séance de tirs au but résume à elle seule le match. L'assurance des Uruguayens face à l'inexpérience ghanéenne. Les joueurs de la Celeste savaient où et comment placer le ballon, tandis que le portier ghanéen sautait deux heures avant le tir. L'ultime réalisation d'Abreù, elle, veut tout dire. Le petit regret que je pourrais avoir est l'absence d'Essien. C'est un joueur qui aurait apporté un peu plus de liant dans le jeu. Il aurait également assuré dans la dernière et avant-dernière passe. Enfin, j'espère que ce terrible coup de bambou aura des conséquences limitées pour cette jeune équipe du Ghana. C'est un échec qui peut avoir raison de toute une génération...
Sur 18 matches, hormis le Ghana face à la Serbie et l'Afrique du Sud devant une équipe de France agonisante, je n'ai strictement rien vu d'emballant. On se comporte nettement mieux lorsque le Mondial se déroule hors de nos terres. Il y a plusieurs raisons à cet échec cuisant. La première et sans que je m'attarde là-dessus puisque j'y ai consacré un post il y a quelques jours, est la venue en masse des entraîneurs européens totalement dépassés. Ensuite, le fait que plusieurs joueurs africains jouent en Europe nous a desservis. En fin de compte, même s'ils y gagnent tactiquement et financièrement, ils reviennent bridés dans leur sélection. Je me souviens du Cameroun 1990 et du Nigeria 1994. Deux équipes qui n'ont pas hésité à puiser dans leur culture et à promouvoir leur propre vision du football, pour un résultat satisfaisant.
On peut également citer la pression énorme qui pesait sur les pays africains avant le début du Mondial. Elle n'a ni été absorbée, ni gérée et encore moins régulée. J'étais vert de rage en voyant le Nigeria face à la Grèce. Onze joueurs plantés au sol, incapables de mettre un pied devant l'autre. Il fallait vraiment les mettre dans leur élément, celui d'une ambiance festive. En 2002 par exemple, Bruno Metsu, alors entraîneur du Sénégal, autorisait ses joueurs à aller en boite de nuit après chaque victoire. C'est dans la tradition, faire la fête pour tout évacuer. A l'image des Brésiliens et des Argentins, toutes proportions gardées bien sûr. On pourrait aussi parler de la CAN qui a, vraisemblablement, joué un mauvais tour. Mais ce n'est pas pour moi le paramètre le plus important. Non, on aurait juste dû jouer avec nos armes et surtout, mourir avec nos idées. Enfin, la seule grande satisfaction pour moi est la très bonne organisation. On a prouvé que l'Afrique était capable d'accueillir une Coupe du Monde. Espérons que l'on ne devra pas attendre 50 ans pour la revoir sur notre continent.
Sur la rencontre en elle-même, difficile de prédire le score. Nos repères sont défensifs. Elle sera au rendez-vous comme depuis le début du Mondial. C'est devant que le bat blesse. On n'arrive pas à marquer et cela ne date pas d'aujourd'hui. Pour autant, il me semble inutile de tout chambouler en faisant rentrer plusieurs attaquants par exemple. Jouons notre jeu et montrons-nous plus tranchants. Il faudra jouer les coups à fond, il y a deux buts à marquer. C'est une mission loin d'être impossible compte tenu d'une défense américaine aux nombreux flottements. Comme face à l'Angleterre, il faudra être très patient. On sera embarqué dans une partie d'échecs, c'est sûr. A nous de tirer profit de la rencontre face à l'Angleterre où nous n'avons pas flanché.
Enfin, j'espère que les joueurs sont conscients qu'ils sont aux portes d'un grand évènement. Il y a une nouvelle page du football africain à écrire. L'Algérie ne s'est jamais qualifiée pour les 8es, c'est l'occasion ou jamais. Au-delà de ça, j'espère que l'équipe va progresser et que cette Coupe du Monde puisse nous servir de base solide.
L'histoire du Nigeria avec Lars Lägerback me laisse jusqu'à présent sans voix. Pourquoi ? Comment un pays comme le Nigeria avec ses 150 millions d'habitants fait confiance à un Suédois ? C'est un des pays qui incarne le mieux le football africain. Okocha, Yekeni, Oliseh, Lawal... C'est le football samba à proprement dit. Aujourd'hui, on tente de les européaniser avec des schémas tactiques basés sur les contres. Or, je suis désolé, mais le Nigeria des années 2000 était une équipe avant tout joueuse, même si elle encaissait beaucoup de buts. Une équipe agréable à voir évoluer avec un jeu tout en mouvement, des joueurs vifs et percutants.
Je peux comprendre que certains pays, par peur des rivalités locales, préfèrent engager un étranger loin de toute magouille. Mais généralement, cela se solde par un petit mercenaire qui vient - excusez moi l'expression - nous la «faire à l'envers». A cet effet, que fait Paul Le Guen à la tête du Cameroun ? Qu'a fait cet entraîneur par le passé mis à part bénéficier d'une équipe lyonnaise déjà bien rodée ? Inspiré par Mourinho, le pauvre a cru bon de mettre également Eto'o sur le côté droit. Il faut lui expliquer que Mourinho a fait ce changement contre le Barça afin de contrecarrer une équipe redoutable en phase offensive. Il faut également savoir que cet entraîneur a été imposé, soufflé, par la FFF en raison des accords signés entre la France et le Cameroun. La France paie une partie de son salaire. Le résultat est consternant avec une élimination dès le premier tour. Et il a le toupet de vouloir continuer sans poser sa démission.

A contrario, on voit les pays asiatiques arriver avec leur propre sélectionneur, parfait connaisseur du cru local et des quelques expatriés. La Corée du Nord n'a pas démérité, la Corée du Sud non plus, le Japon est bien parti dans ce Mondial. Les pays "américains" également. Dunga pour le Brésil, Maradona pour l'Argentine, Aguirre au Mexique, Bradley avec les Etats-Unis. Et si ce n'est pas un entraîneur local, c'est une personne proche du pays qui connaît bien le football, chilien en l'occurrence, pour Bielsa et Martino pour le Paraguay.
Enfin, le bilan n'est totalement noir pour les entraîneurs européens venant exercer en Afrique. Non, il y a quelques cas de réussite tel que Lemerre avec la Tunisie en 2004. Il faut dire que c'est un entraîneur qui a des antécédents avec la Tunisie (passage par l'Espérance de Tunis au début de sa carrière notamment). Et puis, le gouffre culturel entre la Tunisie et la France n'est pas si grand que cela. La réussite de Shäfer avec le Cameroun aussi. Ce dernier a eu la chance de tomber sur une génération camerounaise impressionnante. Je me souviens lors de la CAN 2000 lorsque j'étais aux commandes de l'Algérie, cette équipe faisait peur comme jamais avec Mboma, Song, la révélation Eto'o, Foé... Ces quelques exemples de réussite ne doivent pas être l'arbre qui cache la forêt. De toute manière, le fiasco annoncé du Mondial sud-africain sera très dur à cacher. Un mal pour un bien ?
Sportivement, il faudra à tout prix resserrer les lignes. Eviter de balancer des longs ballons injouables face à des armoires à glace que sont les Anglais. On pourra battre l'Angleterre uniquement si on fait courir le ballon. Prendre les intervalles. L'Angleterre a montré quelques limites face aux Etats-Unis, notamment en défense. L'arrière-garde est lente, les latéraux, eux, sont naïfs. Tout cela pour dire que le plus dur lors de ce match sera d'être fort mentalement. Et s'il y a moyen de jouer la montre, n'hésitons pas non plus. C'est une Coupe du Monde. Les matches prennent des allures de partie d'échec, pas de score fleuve.
Je connais bien le groupe. Une bande de jeunes, capables de se fédérer en un rien de temps et de battre n'importe quelle équipe. On peut avoir un Chaouchi énorme après son erreur face à la Slovénie par exemple. La probable titularisation d'un joueur plein de culot comme Boudebouz sera très intéressante. L'entraîneur devra trouver les bons mots. Pour ma part, j'aurais appuyé sur l'importance historique de ce match. Les gars devront prendre conscience que ce rendez-vous vaudra de l'or dans 10 ans. J'aurais également insisté sur le fait de garder son sang-froid, d'être réfléchi face à l'expérience anglaise. Il ne faut pas oublier que ce sont des joueurs issus pour la plupart de banlieue. La hiérarchie n'existe pas chez eux, ils vont leur sauter au mollet, les mordre et ne rien lâcher, j'en suis persuadé. Sur un match couperet comme celui-ci, l'équipe ne baissera jamais les bras.
Je pense que Raymond est parti en Afrique du Sud avec un vrai projet, celui d'aller le plus loin possible. Son but est clair : que l'équipe monte doucement en puissance. Pour cela, il n'a pas hésité à fédérer les joueurs autour d'une vraie aventure. Il ne cesse par exemple de leur répéter qu'il y a énormément de jeunes qui vont les suivre. En leur faisant comprendre également que le succès aujourd'hui passera par un esprit de solidarité et non par un exploit personnel comme cela aurait pu être le cas les éditions précédentes. L'approche de ce Mondial a été diamétralement opposée à celle observée en 2006 où Zidane et l'éclosion de Ribéry représentaient ses principales armes.
Aujourd'hui, il est bien évidemment conscient que si la France tâtonne son football, c'est en grande partie dû à la méforme qui touche l'attaque. Bien avant le Mondial, il m'assurait que si Henry, Ribéry ou Anelka ne trouvaient pas les chemins des filets rapidement, l'équipe sera en stand-by. Je lui avais également demandé est-ce que ça lui coûtait d'imiter l'Espagne, sa réponse était claire : «On n'a pas le potentiel de suivre cet effet de mode. Ce que fait l'Espagne aujourd'hui, elle le fait elle-même. Cela va durer autant que cela va durer, puis arrivera une autre mode. Ils ont une logique de jeu et la France en a une autre». En Tunisie, nous avons également parlé du cas Diaby. Et là aussi, il connaissait parfaitement le bonhomme et comptait l'intégrer dès l'entame du Mondial, me disait-il avec un sourire narquois qui en disait long. Le mettre remplaçant n'était qu'un simple coup d'intox. Tout cela me laisse penser que Raymond a préparé cette équipe pour les 8es tout en sachant que la qualification sera difficile à aller chercher. Quand les matches à élimination directe arriveront, son équipe sera dessinée. A cet effet, je sens la surprise Cissé à droite. Govou a été préparé pour les matches de poules avant de céder sa place quand les choses sérieuses commenceront.
Enfin, je voudrais terminer sur son aspect «agaçant» pour les journalistes. J'ai rencontré un homme très charmant, sympathique et compétent à mes yeux. Il a une logique et ses propres idées. C'est aussi une personne qui a décidé d'affronter les médias de face. Un journaliste est par définition consensuel. Quand il a des informations tout roule, dans le cas contraire, il saura s'occuper de toi. Finalement, je plains Laurent Blanc qui devra être très solide derrière.
Ensuite, est venue la Coupe d'Afrique avec quelques règlements de compte. Au lieu de surfer sur la belle spirale, on l'a complètement cassée. Du coup, les joueurs qui ont fait les qualifications se sont retrouvés sur le banc des accusés. Conséquence, on a eu le droit à une CAN creuse qui ne nous a finalement pas aidé à préparer la Coupe du Monde, si ce n'est, qu'à mon humble avis, on n'aurait pas dû la jouer. Il est très difficile de disputer deux grandes compétitions en l'espace de cinq mois. Le sportif, lui, résume très bien l'Algérie. Capable de battre la Côte d'Ivoire tout comme s'écraser devant le Malawi. Dans notre sélection, c'est l'instabilité qui fait la loi.
La phase de préparation a été également mal gérée. Du jour au lendemain, on entend parler d'une vague campagne de recrutement à travers l'Europe en oubliant les autres joueurs qui étaient en sélection depuis trois-quatre ans. Les décisionnaires ont cru bon penser que d'être dans un club européen suffisait pour jouer la Coupe du Monde. Je suis désolé, mais jouer dans une équipe de Ligue 2 n'est pas un gage de sécurité. Le choix des adversaires a été désastreux avec notamment le match face à la Serbie où la gestion des blessés fut cataclysmique. Le cas Meghni est très grave. On savait qu'il était blessé depuis novembre 2009 mais personne ne s'en est soucié.
Tout cela n'a fait que démontrer la friabilité psychologique de l'équipe. On manque de sang froid. Et la sérénité ne s'acquiert que par la répétition des matches à haut niveau. Puis est arrivée la Slovénie. Ce fut le «pompon» pour moi. On nous a baragouiné pendant des mois et des mois que la Slovénie était un grand pays de football. En fin de compte, on a mis 45 minutes pour comprendre que cette équipe était plus que prenable. On est arrivé petit bras avec la mentalité du petit outsider qui se justifiera en cas de défaite par ce célèbre poncif défaitiste : «On est là pour apprendre». Je compare le match à une partie d'échec. L'Algérie n'a pas eu la patience requise pour gagner ce genre de match. Pourtant, l'Etat a mis des millions pour cette équipe. Je ressors souvent l'exemple de la Corée du Sud qui, en 2002, s'était donnée les moyens d'aller le plus loin possible. Concernant les prochains matches, on ne sait pas, comme depuis quelques mois. L'équipe est capable de battre l'Angleterre, j'en suis persuadé, comme de perdre complètement les pédales. On est à la limite
Avant de dresser mon petit bilan personnel post-CAN, je voudrais revenir sur la finale de dimanche. J'ai particulièrement été surpris par le retour en puissance du Ghana sur l'échiquier africain. Cette équipe possède un devenir énorme. Incorporer 9 joueurs de la sélection championne du monde des moins de 20 ans, jouer sans plusieurs cadres (Muntari, Essien, Mensah et j'en passe) et enfin arriver en finale, c'est tout bonnement énorme. Manque de «pot» pour cette génération dorée, c'était l'Egypte en face. L'Egypte avec son rythme saccadé, sa solide expérience et son capital confiance gonflé bloc. Parce que dans le jeu, c'était pour le moins très tristounet. Les Pharaons ont commencé la rencontre à 20 km/h et l'ont finie sur le même rythme. Une formation sans soubresaut mais ô combien réaliste et confiante dans son jeu. Cette équipe possède une telle maîtrise collective qu'elle est capable de t'user sur la durée avant de t'achever en fin de match. Et face à des formations africaines aux errements défensifs intempestifs, cela a fait mouche. Clairement, aucune formation n'a su mettre de la vitesse face à l'Egypte. Conséquence, on a joué cette CAN au rythme terne et ennuyeux des Pharaons.
D'un point de vue général maintenant. Je vous annonce d'entrée, il y aura beaucoup de flops pour peu de tops. Non pas parce que la défaite de l'Algérie m'est restée au travers de la gorge, mais force est de constater que cette 27e CAN ne fera pas office de référence en tout point. Organisation, sécurité, coût de la vie, ambiance, pelouses, couverture médiatique. Je suis très déçu et quelque peu frustré. Les véritables médias populaires ne se sont pas intéressés à l'Afrique. Qui, avant le début de la CAN connaissait Orange sport (hormis les acharnés de la L1 bien sûr) ? Je ne savais même pas que cet opérateur téléphonique avait une chaîne TV, excusez mon ignorance. Voilà tout le problème de la Confédération Africaine de Football (CAF) qui serait prête à vendre mon continent pour une bouchée de pain. Cette dernière n'a pas cherché à revendiquer l'esprit «Afrique» mais en a fait une affaire purement financière. L'ambiance aussi. Sincèrement, l'édition ghanéenne me manque en voyant le pauvre spectacle angolais. Les stades étaient vides, ça fait tache pour une compétition internationale qui plus est en Afrique, réputée pour son folklore. Les pelouses, ah les pelouses ! J'enrage juste à l'idée d'en parler. Comment en 2010 lors d'un évènement majeur on peut encore jouer sur des terrains lamentables ? Etait-ce un coup du pays-hôte ? C'est en tout cas raté. Le drame togolais m'a profondément touché et les sanctions prises par la suite sont révoltantes. On disqualifie le Togo pour les deux prochaines éditions histoire de prouver que la CAF est intransigeante et qu'on ne badine pas avec. Alors qu'en vérité, c'est une association où la corruption règne en maîtresse. Les hommes en noir maintenant. L'arbitrage a une nouvelle fois été désastreux lors des rencontres couperets. Comme si nos arbitres étaient friables mentalement. Quand on a une demi-finale Egypte-Algérie, et peu m'importe le vainqueur, l'important est que l'Afrique s'en sorte avec une belle image du football africain. Au lieu de cela, le monde a vu les mauvais côtés de ce continent, la violence, de la corruption peut-être. A titre comparatif, on n'accepterait pas ce genre de comportement de la part des joueurs en Europe. J'ai assisté à des gestes dignes de joueurs de quartier. Enfin, je n'ai pas digéré l'hypocrisie de nos dirigeants. Mensonges perpétuels, désir constant de cacher les problématiques par des poncifs standards. C'est l'Afrique. On n'accepte pas la critique et Dieu seul sait ô combien cette dernière est importante, pour le moins qu'elle soit fondée et argumentée.
Après avoir énuméré les mauvais côtés de cette CAN, place aux points positifs. Car oui, il y en a eu. Le sportif tout d'abord. Le niveau africain a généralement progressé même si ce n'est pas toujours la grande rigueur, ni les grands enchaînements. J'ai senti les équipes un peu plus disciplinées, malgré quelques mauvais gestes. J'ai aussi apprécié ce petit vent de fraîcheur lors de la première journée où les gros ont eu peur. Il faudra compter à l'avenir sur la Zambie, le Gabon voire même le Malawi. En général, cette CAN a été celle du renouvellement. Un bon nombre d'équipes ont connu quelques changements dans leur effectif, cela peut être pas mal pour la suite.
Inutile de se voiler la face, les deux premières semaines de compétition n'ont rien montré de bien emballant en terme de jeu. Jusqu'à cette rencontre Algérie-Côte d'Ivoire du moins. Buts, suspense, rebondissements, on en aura eu enfin pour notre argent. Et moi la possibilité d'exulter sans retenue. La Côte d'Ivoire avait pourtant parfaitement entamé son match en pressant très haut, inscrivant même un but d'entrée de jeu. Et comme souvent dans ces cas-là, tu te sens vite intouchable et tombes petit à petit dans la facilité. En se mettant dans une situation d'attente, les Eléphants ont commis l'irréparable. Laisser l'Algérie prendre confiance en elle et dicter le rythme de la rencontre furent deux très grosses erreurs. On l'a vu au moment où «coach Vahid» demandait à ses poulains d'appuyer sur l'accélérateur, la machine ne répondait plus. Les neuf jours restés à l'hôtel à tourner en rond ont pesé dans la balance. Une rencontre amicale aurait dû être programmée, histoire que les joueurs restent dans le bain. Qu'ils souffrent et puissent profiter des bienfaits d'une récupération.Concernant l'Algérie, la défaite face au Malawi n'était que le fruit d'une mauvaise organisation et d'un chamboulement tactique. Sans cela, jamais le Malawi ne nous aurait humilié. Peut-être battu, mais pas aussi facilement. Un bien pour un mal toutefois puisque cette claque a remis les choses en place. Défensivement, on s'est repris et on a su se montrer intraitable. Regardez face à la Côte d'Ivoire, on prend l'avantage et hop on ferme boutique. Paradoxalement, on sait tout aussi bien courir derrière un score. Au fil des rencontres, cette jeune équipe se forge un mental en béton armé. Ces petits garçons ont envie de tout «dégommer», frustrés par les récentes années noires. Les Verts ont des choses à revendiquer. Désormais, ils tiennent leur match référence, à eux de le bonifier. Le chemin qui mène à Luanda n'est plus très loin.
De son côté, la Côte d'Ivoire n'a toujours pas compris que la somme de stars ne fera jamais une équipe. Et c'est tant mieux pour le football. Une équipe, c'est un tout. Il faut des joueurs techniques, rapides, physiques, un grincheux, une crème, un chanceux ou encore un controversé. Faire la une des magazines mènera toujours à la désillusion. On l'a aussi vu avec l'Algérie contre le Malawi. Sportivement parlant, si les Eléphants font peur devant, ils deviennent risibles derrière. Barry ou encore la paire Bamba-Touré, c'est limite DH. Faut arrêter de rigoler et se poser les bonnes questions. Cette équipe ne peut pas envoyer cette ligne défensive en Coupe du Monde face à l'armada portugaise ou face aux virtuoses brésiliens. Sans ça, on serait obligé d'instaurer le point du bonus offensif. Je connais parfaitement les joueurs africains pour avoir travaillé avec, ils ont malheureusement la tête qui enfle très rapidement. Et quand ils se retrouvent en sélection, personne n'est capable de relativiser. On pensait pourtant que Le Guen ou Vahid avaient les compétences nécessaires pour ...
Commentaires récents
ilcondotiere on Tout le monde dit I Loeb you : Excellent papier ![...]
Le gaulois on Tout le monde dit I Loeb you : Comparer Loeb et la pucelle ? et pourquoi pas avec Vercingétorix pendant qu'on y[...]
MrLaulo on Tout le monde dit I Loeb you : Bravo pour l'exercice de style ![...]
cloberval on Kombouaré : la grande gueule se fait couper le micro: Kombouaré me plait beaucoup par son honnêteté sa conviction et aussi parce qu'il[...]
Bibi le chat on Nikola Karabatic, Dieu du Stade : Vas-y je savait même pas il était pour Marseille! Sale b... ![...]
MOCHEN on Mathieu Valbuena, ce héros culbuto: Tres tres bon reportage !!!![...]
Centres de Sport Saint-Etienne on «Le match de ma vie !»: Ce fut un magnifique match encore une fois, espérons en effet qu'on aura de plus[...]
Centres de Sport Saint-Etienne on «J'ai testé le beach tennis»: Rien de mieux pour s'amuser durant l'été en profitant du soleil... A essayer[...]
chat on «J'ai testé le beach tennis»: Jamais testé mais ca a l'air trippant entre potes[...]